Ils étaient 6 500 (selon la police), jusqu'à 15 000 (selon certaines organisations syndicales) à défiler contre les réformes Darcos, hier à Nantes. : Photo Nathalie BourreauCertains sont venus de Vallet et Mouzillon en menant une opération escargot pour rejoindre la cité des Ducs. D'autres d'Ancenis, Saint-Herblon, La Grigonnais, Nozay, Bourgneuf-en-Retz, La Montagne, Le Pellerin, Mauves-sur-Loire, Couëron [...]. Cette foule bigarrée, composée d'enseignants, de parents d'élèves et d'enfants, est en colère. Et elle le dit haut et fort, slogans et banderoles à l'appui : « Stop aux réformes, oui à la réflexion », « Savoir mal acquis ne profite jamais », « Suppressions de postes = dégâts considérables », « L'école en solex, Sarko en rolex », « Oui à une autre école, non à celle de Darcos », « M. Darcos, ne faites pas d'économies sur le dos de nos enfants ».
Le cortège s'est rassemblé devant la préfecture avant de défiler dans les rues pendant près de deux heures, sous une pluie battante, au rythme des grosses caisses et des chants. « Les stages de rattrapage : à la poubelle !, Les classes surchargées : à la poubelle ! Les nouveaux programmes : à la poubelle !.... », entonnent les manifestants.
« Le bourrage de crâne, on en veut pas »
L'ambiance est bon enfant, même si le malaise est palpable. « Le bourrage de crâne, on en veut pas, témoigne François, un parent d'élève. Or, on a l'impression que le ministre veut renouer avec des méthodes anciennes, comme le retour de l'apprentissage par coeur au détriment de la réflexion ».
« Une centaine d'écoles occupées »
Certains dénoncent les « séances de rattrapage » envisagées pour les enfants durant les vacances, d'autres « la suppression massive de postes d'enseignants ». Quant aux deux heures d'aide aux enfants en difficulté, en dehors du temps scolaire, elles provoquent un tollé quasi général. « On va encore plus stigmatiser les enfants en situation d'échec, qui éprouvent déjà parfois un rejet de l'école », estime une enseignante noyée au milieu du cortège.
Une vingtaine d'organisations syndicales, associations et partis politiques appelaient à battre le pavé, hier après-midi.
Sur les coups de 16 h 30, beaucoup arboraient un large sourire. « Le mauvais temps n'a pas freiné la mobilisation des parents et des enseignants, se réjouit Marc Chatellier (SDEN-CGT). C'est un franc succès ». Marcel Le Bronze, responsable du SNUipp-FSU, évoque une « montée en puissance » dans les jours à venir.
La grève a été reconduite jusqu'à mardi soir. « Vendredi, 74 écoles publiques étaient occupées par des parents, analyse Marc Chatellier. Hier, on est passé à une centaine. Et ce n'est pas fini... ».
Denis Bourdeau

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