Ras-le-bol après des dégradations au Petit-Caporal
David Samzun (président de Silene), Bernard Lustière (Ville), Bernard Josso (CNL), Jean-Luc Gorce (Silene) et Martine Picard (conseillère municipale de quartier) ont pris conscience du problème. Il leur reste à prendre des dispositions pour « la tranquillité des habitants ».
Un hall d'immeuble et la cage d'escalier ont été barbouillés d'inscriptions ce week-end. La goutte d'eau alors que les habitants se plaignent depuis longtemps.
Sur tous les murs, du rez-de-chaussée au deuxième étage, des inscriptions au marqueur, des insultes, des évocations de la puissance des gars « du Petit Cap'». Le barbouillage intense a duré semble-t-il une partie de la journée de samedi et de la nuit. Les habitants n'ont rien vu, rien entendu. Ou en tout cas ne veulent rien dire. « Après tout, vous le connaissez le problème, la police aussi le connaît », dit amèrement l'un d'eux. Elus et représentants de Silene sont venus constater les dégâts hier après-midi.
« Cette fois, c'est trop », constate Bernard Josso, de la Confédération nationale du logement (CNL) qui régulièrement renvoie pouvoir publics et bailleur devant « leur responsabilité afin de faire respecter le droit à la tranquillité des habitants ». Le fait que quelques personnes « squattent » les halls d'immeubles n'est pas nouveau. Des plaintes affluent de tous les quartiers, Bouletterie, Chesnaie, La Trébale où « quelques énergumènes cassent, dégradent, insultent les habitants », témoigne Bernard Josso. Association de locataire, conseillers municipaux et dirigeants de Silene sont pourtant d'accord sur point : un immeuble du Petit-Caporal, rue Auguste-Piccard est le lieu où le problème est le plus important. « Il y a des nuits où on ne dort pas. Du bruit jusqu'à 3 h 20, quand on part travailler à 5 h ! Et quand on appelle la police, ils ne viennent pas. »
« Réponse collective,mais quelle réponse ? »
Le commissariat n'est pourtant pas avare en patrouilles dans le quartier, même si la délinquance n'y est pas plus forte qu'ailleurs. Quelques interpellations récentes avaient même suscité des inscriptions violentes envers les policiers, peintes sur la route. « Nous y sommes tous les jours, nous allons continuer », précise le commissaire Alain Beauce. Mais l'emplacement de l'immeuble, l'accès aux caves offre des possibilités de fuite qui rendent difficiles leurs interventions. Quant à l'identification des fauteurs de troubles, là encore « pas de mystère », clament les habitants.
David Samzun, président de Silene et adjoint au maire considère « qu'une réponse doit être apportée rapidement et collectivement. » Service de l'État, police, commission de prévention de la délinquance et Silene sont à nouveau alertés. Un animateur vient d'être recruté pour mieux accompagner les jeunes du quartier. « Certains demandent un local, mais ne veulent aucun encadrement. Ce n'est pas possible », rapporte Bernard Lustière, chargé de mission Prévention de la délinquance à la Ville. Silene a pour sa part engagé depuis un an, une vaste rénovation du Petit-Caporal. Cinq millions d'euros de travaux et une nouvelle disposition des halls. L'immeuble, triste lieu de réunion, sera bientôt concerné par les travaux. « Faites vite, car un jour il se passera quelque chose de grave », demande une habitante, épuisée.
Ouest-France
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