Me Dalmasso, avocat d'Endel et de Fabien Bernal : « C'est une décision extrêmement dure, avec une interprétation très différente du jugement de Saint-Nazaire sur la faute caractérisée. Si les salariés sont si incompétents, ils ne sont en aucun cas responsables de ces fautes. Ce genre d'accident ne doit pas être imputé aux personnes physiques. »
Me Gautier, avocat d'Etienne Lamock : « Nous savions qu'en cas de changement de logique, le cadre le plus élevé dans la hiérarchie parmi les prévenus serait en première ligne. La délégation de sécurité de M. Lamock est pourtant moins large que ne le considère la Cour. Il porte le poids psychologique de cet accident depuis près de six ans. A un quart d'heure près, il passait sur la passerelle. Cela montre qu'il ne pouvait pas prévoir l'accident. »
Me Ménard, avocat de Christophe Pierrard : « Il ne comprend pas cette décision, notamment le parallélisme des condamnations entre Chantiers et Endel. La note de calcul qu'il aurait pu exiger n'aurait servi à rien puisque la passerelle a été montée sans contreventement. »
Yves Violette, président de l'association des victimes de la passerelle du
Queen Mary 2 : « Cette décision est satisfaisante. La cour a jugé avec discernement, ciblant les responsabilités, tout graduant les sanctions. C'est conforme à l'analyse que nous avions du dossier et du procès. »
Eric Cassard, fils d'Yves Cassard, ingénieur des Chantiers décédé dans l'accident : « On attendait cette deuxième décision avec beaucoup d'anxiété. Ces condamnations pour homicides involontaires sont celles qu'on attendait. Pour nous, c'est une véritable libération. Cette décision est juste, la cour d'appel est allée au bout des choses. Ni lors du procès à Rennes, ni lors de celui de Saint-Nazaire, les prévenus n'ont reconnu leur responsabilité, ou admis qu'il y avait eu des fautes. C'est pourtant tout ce que les victimes attendaient. J'espère que cette décision servira de leçon aux entreprises qui veulent faire les choses trop vite, au détriment de la sécurité. »
Me Tinière, avocat de la CGT :« La pleine responsabilité desdeux personnes morales est reconnue, et leurs peines aggravées, c'est l'essentiel. La cause de ce drame, c'est le système d'organisation du travail au sein des chantiers. Cette décision de la cour montre que la productivité et la rentabilité ne font pas bon ménage avec un objectif de sécurité. »
+
Notre dossier spécial