Les phragmites des joncs du nord de l'Europe font escale dans les roselières dès la fin juillet, suivis, quelques semaines plus tard, par leur rare cousin, le phragmite aquatique. : Archives Ouest-FranceLe Gip décrit huit types de roselières dans l'estuaire. Chacune porte un nom lié au végétal dominant : magnocariçaie, phragmitaie, phalaridaie, glycéraie, iridaie, scirpaie, typhaie. Leur nature dépend du degré de salinité et du temps pendant lequel l'eau les recouvre. Les plus communes et les plus hautes sont les phragmitaies à Phragmita australis qui représentent 54 % de l'ensemble. Au total, les roselières occupaient, en 2006, 2 800 hectares, de Bouguenais à Donges.
Mais leur surface a beaucoup évolué en un demi-siècle. Les photographies aériennes de 1952 permettent d'estimer à 1 365 ha la superficie de ces formations végétales. Elles s'étendent ensuite rapidement durant vingt ans. Puis leur croissance ralentit. Mais elles sont, aussi, mobiles. Ainsi, explique le Gip, « un peu plus de 3 810 ha ont été colonisés à un moment donné depuis 1952 ; au moins 535 ha ont été conservés, mais près de 1 830 ha ont disparu ».
Fauvettes et petits poissons
Pour coloniser rives et vasières, la roselière profite du piégeage naturel du sédiment. Sa composition végétale évolue au fur et à mesure qu'elle s'exonde. Cette évolution dépend aussi du drainage des zones humides, de l'abandon des activités agricoles, du remblaiement des zones industrialo-portuaires et de l'augmentation de la salinité.
Les roselières de l'estuaire jouent un rôle prépondérant (et gratuit) dans la protection des rives contre l'érosion, le piégeage des sédiments et l'épuration organique et chimique du milieu. Elles produisent, également, une biomasse qui sert de base à plusieurs chaînes alimentaires, tout en fournissant un habitat naturel aux invertébrés, aux poissons et aux oiseaux.
Les ornithologues de l'ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage) y ont dénombré 74 espèces d'oiseaux nicheurs, des passereaux pour la plupart. Certaines revêtent une valeur patrimoniale comme la gorgebleue à miroir ou la panure à moustaches. Mais elles demeurent, surtout, du printemps à l'automne, le domaine des fauvettes paludicoles.
Les camps de capture et de baguage, ont mis, par exemple, en évidence, l'importance des roselières de Donges-Est pour la migration du phragmite aquatique, l'un des passereaux les plus menacés ¯ et les plus protégés ¯ d'Europe.
André FOUQUET.
Gip Loire Estuaire, 22, rue de la Tour-d'Auvergne, 44200 Nantes. Site : www.loire-estuaire.org

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