Euroclippers à l'étude
Un voilier-école pour former les Européens de demain, explique l'association Euroclippers France.
Navale. De grands voiliers-écoles construits à Saint-Nazaire ? Le projet de l'UMP Jean-Charles Duboc, sorte d'Erasmus maritime, a retenu l'attention d'eurodéputés et du Premier ministre.
Comment êtes-vous arrivé à réfléchir à ce projet ?
« J'anime depuis 1993, le Laboratoire européen d'anticipation politique et parallèlement nous avons réfléchi à des idées dans le domaine maritime en lien avec l'insertion des jeunes ».
Mais encore ?
« L'aggravation actuelle de la crise économique n'est pas finie et va s'accentuer encore. Les compagnies maritimes qui arment les paquebots commencent à être en difficulté et il n'est pas possible de compter sur de nouveaux contrats avant la fin 2010. C'est pourquoi j'ai fait des propositions pour soutenir la construction navale et développer un « Erasmus maritime ».
Cela représenterait quoi pour Saint-Nazaire ?
« Il s'agirait de construire une série de dix ou douze voiliers-écoles du type « Statsraad Lehmkuhl » de 98 m hors tout. Construit pour les cadets de la Marine marchande allemande, il est capable d'embarquer 150 stagiaires. L'investissement s'élèverait à près de 400 millions d'euros pour les chantiers navals STX à Saint-Nazaire. Cette spécialisation permettrait d'acquérir un savoir-faire supplémentaire en étude et fabrication ».
Vous êtes-vous rapproché de Saint-Nazaire ?
« Oui, j'ai envoyé un dossier au directeur Jacques Hardelay et aussi au président à Oslo. José Manuel Barroso, président de la commission européenne, trouve que le projet est applicable à tous les pays de l'Union qui ont une façade maritime. Le développement d'un très important programme maritime permettrait de ressouder l'Union autour d'une ambition commune et de redonner aux jeunes Européens une véritable confiance en l'avenir ».
Le but des Euroclippers ?
« Ce projet est avant tout destiné aux étudiants des 27 pays européens. Un véritable « Erasmus maritime » pour que les futurs leaders de l'Europe acquièrent une expérience pratique de la réalité des autres dans un contexte international. Une formation humaine par la navigation en équipage. Les navires pourraient également servir à des opérations d'insertion de jeunes délinquants ».
Un projet réalisable ?
« Oui, s'il y a la volonté d'aboutir. Il se trouve aujourd'hui à l'étude à la Direction générale des politiques économiques à Paris, à la demande du ministère de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi. Il serait une bouée de sauvetage de la construction navale. Mais le dossier est énorme et complexe à monter. Il en est au stade embryonnaire car il demande l'engagement de plusieurs ministères. J'espère que la France développera un tel projet novateur qui serait un modèle pour le reste de la planète ».
M. Vaillant-Prot
Presse-Océan
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