Elle accouche seule, son bébé meurt : l'étudiante jugée à Nantes
Lisa avait caché sa grossesse. Son bébé est décédé quelques minutes après l'accouchement. Elle comparaissait hier en correctionnelle à Nantes pour homicide involontaire.
Léa était née « vivante et viable ». Faute de soins, elle n'a vécu que quelques minutes. Sa maman, Lisa (1), 21 ans à l'époque des faits, était poursuivie hier, devant le tribunal correctionnel de Nantes, pour « homicide involontaire ».
Le drame est survenu le 26 juin 2005. Après neuf mois d'une grossesse dissimulée, l'étudiante en psycho accouche dans sa chambre à Nort-sur-Erdre. Au rez-de-chaussée de sa maison, la mère et la soeur n'entendent rien. Léa respire mais ne crie pas. Lisa tente de la stimuler avec de l'eau, en vain. « J'ai mis le corps dans un sac plastique et le placenta dans un autre », racontera-t-elle ensuite aux enquêteurs. La jeune femme enfouit le tout dans un sac à dos déposé contre son armoire et descend dîner. « Une froideur » notée par les experts psychiatres.
La tragédie n'est découverte que le lendemain. « Des pertes sanguines importantes » obligent Lisa à se rendre dans une clinique. Les médecins détectent tous les signes de l'accouchement. À l'autopsie, l'expert indique qu'une « assistance respiratoire était nécessaire à la survie du nouveau-né ».
« J'avais peur et j'avais honte »
Me Eléonore Laigre, son avocate, « plaide le déni de grossesse ». À l'époque, la jeune fille veut terminer ses études avant d'avoir un enfant et se persuade que le bébé est d'un homme « qu'elle n'aime pas ». Sa famille pose des questions mais elle nie agressivement, jusqu'à cet après-midi où, en plein travail, elle demande juste des antalgiques à sa mère. « J'avais peur et j'avais honte », expliquera-t-elle aux gendarmes.
« Elle est tellement dans le refus alors que les premières contractions se font sentir, elle s'adonne à ses activités de tous les jours », précise l'avocate qui demande la relaxe :« Aujourd'hui, elle ne sait pas si elle est coupable. Tout ce qu'elle sait, c'est qu'il s'est passé quelque chose de dramatique ».
12 jours de détention provisoire
Avec 12 jours de détention provisoire et ce passage devant la justice, elle estime que l'étudiante a été assez punie. Mais il n'y a pour le procureur aucune ambiguïté : « Elle n'a pas mis son enfant en mesure de bénéficier des soins nécessaires aux premiers instants de la vie ». Il requiert deux ans de prison avec sursis « pour l'aider dans son cheminement ».
« Aujourd'hui, elle ne sait pas si elle est coupable. Tout ce qu'elle sait, c'est qu'il s'est passé quelque chose de dramatique ». Et l'avocate le souligne : « Lisa a mis un an à trouver le nom de son enfant et à effectuer la sépulture ».
Le tribunal a mis son jugement en délibéré au 14 mai.
(1) Le prénom de la prévenue a été changé pour protéger son anonymat
Presse-Océan