Douze jours sans manger : les Grecs tiennent le choc à St-Nazaire
Dominique Pinault-Pinay, consul de Grèce à Nantes, informe au jour le jour les grévistes de la faim de la teneur des négociations menées « au plus haut niveau ».
Les trois ex-salariés grecs de la société allemande Elbe poursuivent leur grève de la faim commencée le 14 mars pour obtenir le paiement de leurs salaires de février et mars.
Dès hier matin, les peintres grecs qui travaillaient encore au début du mois sur les paquebots en construction au chantier Aker Yards étaient de retour à l'hôtel de ville de Saint-Nazaire.
Hébergés le temps du week-end de Pâques à la Maison des sports, Boris Athanassiadis, Leonidas Theocares et Nikos Aslamazidis y dorment désormais chaque nuit, bénéficiant là-bas de meilleures conditions de vie (douches). « Car maintenant, il faut qu'ils tiennent ! », souligne un militant du collectif Citoyens-Solidarité, dont la pétition de soutien avait recueilli « 900 signatures » hier soir.
Les trois hommes occupent néanmoins toujours un recoin du hall de la mairie de 11 h jusqu'à 18 h. Là, ils reçoivent les marques d'amitié des membres des associations, des syndicalistes, d'élus du conseil municipal comme de nombreux habitants, indispensables pour garder le moral.
Le « deal » du sous-préfet refusé par Elbe vendredi
La direction d'Elbe a décidé de licencier ses trois employés le 17 mars. Lors de la réunion de négociations qui s'est déroulée vendredi après-midi sous l'égide du sous-préfet, les dirigeants de la société Elbe (qui emploient toujours près de 80 personnes au chantier naval) ont refusé d'aller au-delà d'une indemnité transactionnelle de 1 900 € plus le billet d'avion de retour au pays, soit au total 2 600 € au lieu des 8 000 € réclamés par chacun des Grecs (voir nos éditions du 22 mars).
« La proposition du sous-préfet, en accord avec l'ambassadeur de Grèce, de transiger à 5 000 € a pourtant failli aboutir vendredi... », déplorait hier le consul de Grèce à Nantes.
Examen médical quotidien
Mme Dominique Pinault-Pinay était à nouveau à Saint-Nazaire pour apporter son soutien aux grévistes de la faim. « Nous en sommes toujours au même point ! Les interventions continuent de se faire au plus haut niveau, tant français que grec, a-t-elle assuré. Je leur ai également dit de faire confiance à leur gouvernement et à leurs représentants en France qui font tout ce qu'ils peuvent pour trouver une solution ».
En attendant le dénouement de ce conflit, un médecin passe désormais tous les jours vérifier l'état de santé des trois hommes.
Franck Labarre
Presse-Océan