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À droite, Paul Duvil, évangéliste pour une mission de 15 jours au terrain de grands passages de Trignac, devant le chapiteau abritant les réunions religieuses. : Photo : Mathieu RoulleauJeudi 17 juillet, 18h30. Devant la caravane de l'évangéliste : « Il est là-bas derrière », renseigne sa femme. En train de manger. « Tu peux faire un tour et repasser dans une demi-heure ? ». Une famille accueillante ? « Oui, là-bas, là où il y a la Golf bleue ». C'est la voiture de Sandi, 38 ans. Père de quatre enfants. « Mais la famille élargie, ça fait une vingtaine de caravanes à raison de quatre à cinq personnes par caravane ». Une grande famille de 100 personnes. « Les jeunes foyers et les personnes âgées qui suivent toujours. C'est un moment important, ça nous donne l'occasion de quitter nos régions respectives, là où l'on passe l'hiver et de revoir les membres de la famille de l'autre bout de la France ». La petite famille de Sandi vient de la région bordelaise. Ses beaux-parents sont de la région nazairienne.
Fossé religieux et appréhension
Le terrain de grands passages de Trignac s'étale sur 15 hectares. « Ici, ce sont des groupes familiaux et d'autres qui profitent de la place, du stationnement libre. Certains se mettent dans un coin. Tout le monde ne se mélange pas car tout le monde n'est pas chrétien ».
Avant tout, c'est une mission évangélique. « Le but majeur, c'est de précher l'évangile, de faire connaître la grâce de Dieu, à ceux de notre peuple, car on est français d'abord, et à ceux qui sont autour. Nos réunions sont ouvertes à tout le monde. Partager des chants, prêcher l'évangile et partager des moments de prière tous ensemble. Pas uniquement entre gens du voyage, tout le monde est bienvenue ». Mais... « malheureusement, très peu de gens viennent de l'extérieur ». Comme si un mur les séparait. « Il y a une appréhension à venir. Pourtant, on est pas des tueurs, on n'a pas de couteaux entre les dents ! »
Après cinq jours de mission et de séjour, l'évangéliste est content. « Ca se passe très bien, on a pas à se plaindre de Saint-Nazaire et de Trignac. Des fois, c'est dur de gérer avec les mairies. Il ne nous comprenne pas, c'est toujours pour l'évangile. On voudrait plus de libertés pour les missions », explique Paul Duvil.
« 400 caravanes au mois d'août »
C'est la première fois que la petite famille de Sandi vient là. « C'est bien. Il y a des bennes à disposition, il y a l'eau, on fournit l'électricité avec des groupes électrogènes ». Selon Paul Duvil,« une centaine de caravanes » stationnent actuellement sur le terrain du Pré Failli à Trignac. Une estimation difficile à vérifier. « Il peut y avoir 400 caravanes au mois d'août. Déjà, d'ici à une semaine, on va se retrouver à 300 caravanes ».
L'évangéliste souhaite s'absenter du terrain. « Je dois aller faire un tour en ville ». Il est 19h30. La réunion évangélique commence une heure plus tard. « Tu commences les chants... » Sandi répond du tac au tac : « Je suis musicien moi ». Avec son synthé. Son métier ? « Non, je fais plein de choses : de l'élaguage, du nettoyage... Après les femmes tissent des paniers qu'on vend au marché ou en faisant du porte à porte ». Quelques minutes avant de partir en ville, l'évangéliste n'oublie pas de répéter ce bon conseil : « Eh ! Tu fais un bon article. Sinon, je viens à ton journal... ».