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Hier, au deuxième jour du procès, la famille de Marion a tenu, par la voix de son avocat, à faire revivre le souvenir de cette collégienne souriante de 12 ans, en apportant un portrait d'elle au tribunal. : Photo DRPendant deux jours, quatre hommes ont comparu devant le tribunal correctionnel de Nantes : le grutier, le monteur et démonteur, le patron de l'entreprise de maçonnerie et le patron de la société de location de grues. « Et pour déterminer les responsabilités de chacun, nous ne pouvions pas éviter ce débat particulièrement technique », s'est excusé hier le président. Technique, il le fut en effet.
Il a fallu déterminer les rôles, se plonger dans le protocole à respecter, les mesures à mettre en oeuvre, refaire le drame, le câble électrique à éviter, le changement de manoeuvre de dernière minute, et cette poignée de secondes où le camion se déséquilibre... L'alarme de l'engin se met à hurler. Aucun panneau ne barre alors l'accès à la rue. Personne n'a été prévenu.
« À tous les niveaux,des défaillancesont été commises »
« Ce n'était pas une fatalité ! Ce n'était pas le ciel ! », plaide Me Parent. « Ce sont des hommes qui ont failli, chacun à leur niveau... » Jean Lecaroz, le procureur, partage ce point de vue : « A tous les niveaux, des défaillances ont été commises ». Sur sa chaise, la tête toujours baissée, les larmes prêtes à perler, le chauffeur de la grue demande pardon. « Oui, il a été le déclencheur », concède son avocat, Me Bascoulergue. « Mais dire que tout est sa faute, c'est trop facile... Il y a la cause immédiate, mais il y a aussi les causes profondes, celles que l'on ne voit pas... »
Prison ferme requiseà l'encontre du grutier
Les avocats des trois autres prévenus, Me Buet et Me Laforgue, pourtant, plaident la relaxe. Selon eux, le monteur et le patron de la société de location de grues n'ont pas délibérément violé les règles de sécurité. Quant au patron de l'entreprise de maçonnerie, il a eu le tort de ne pas suffisamment étoffer le plan de sécurité, certes, mais il n'était en rien responsable de l'opération de démontage.
Le ministère public a requis six mois de prison ferme à l'encontre du grutier, 12 mois avec sursis à l'encontre du monteur de la société Mateloc, 10 mois avec sursis pour le PDG de cette société et 18 mois avec sursis pour le patron de l'entreprise de maçonnerie Soulard. Des peines d'amendes de 2 000 à 6 000 euros ont également été requises.
Le jugement a été mis en délibéré au 11 septembre.
Anne-Hélène Dorison