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Les trois-quarts des salariées de l'association ont exprimé leur ras-le-bol hier matin. « Il est rare de voir autant de monde », constatait Solange Huguet, déléguée du syndicat Santé Sociaux CFDT. Les trois-quarts du personnel étaient mobilisés sur les soixante que compte l'Andspah au total. « Ce qui s'exprime, c'est un véritable ras-le-bol ».
Des problèmes financiers
Le malaise ne date pas d'hier. Mais depuis la démission du conseil d'administration de l'association en février, la situation se complique de jour en jour. L'association qui prend en charge près de 160 patients à Saint-Nazaire et dans la région est confrontée à des problèmes financiers, liés notamment à la prise en charge des pathologies les plus lourdes.
« En démissionnant, nous avons voulu alerter les tutelles », indiquait Paul Tual, alors vice-président de l'Andspah. L'association fonctionne avec des fonds publics et dépend de la Ddass (Direction départementale des affaires sanitaires et sociales) et la Caisse d'assurance-maladie.
Services regroupés
Face aux coûts de prise en charge à domicile, l'association nazairienne doit revoir en profondeur son organisation pour rétablir l'équilibre économique. « L'audit effectué par la Ddass fait état de certaines erreurs de gestion », relève la CFDT. « Elle préconise de réaliser des économies en redéfinissant la prise en charge des pathologies ».
En juin, les salariées ont accepté le regroupement des services pour les personnes âgées et les personnes handicapées. « Regroupement qui génère une économie substantielle ». Le hic : « dans la foulée, la directrice a revu les horaires et a modifié les tournées sans concertation, remettant en cause les accords des 35 heures et la convention collective ». Ces remises en cause touchaient les personnels soignants sans que les intervenants extérieurs et les familles des usagers aient été prévenus.
Deux réunions de négociations
Quand « les amplitudes horaires ont encore été accentuées », l'avis de débrayage a été lancé vendredi matin. Le président de l'Andspah, Patrick Colombel (par ailleurs directeur de l'hôpital), a reçu les représentants du personnel hier en début d'après-midi en présence de la directrice, Anne-Marie Gravouille, et du Dr Roux, membre-fondateur de l'association.
À l'issue de la réunion, il a été convenu entre les deux camps de se revoir à deux reprises pour négocier (2 et 10 juillet) et de ne mettre en place de nouveaux horaires qu'à compter du 15 juillet. Le président vise « à assurer la pérennité du service ». Pour y arriver, il veut « mettre à plat toute l'organisation du travail, sans tabous. Je pense que c'est jouable ».
M. Vaillant-Prot