Sept conseils pour entendre les quartiers
Arlette Mousseau, maire adjointe, installe cette semaine les sept conseils de quartiers.
Cette semaine sont installés les sept conseils de quartier. De nouveaux lieux de démocratie participative où les habitants sont à la fois consultés et force de propositions.
Arlette Mousseau, maire-adjointe est chargée de la politique des quartiers et de la mise en place des conseils de quartier.
À quoi sert un conseil de quartier ?
J'y vois une réponse à deux objectifs principaux. D'abord mieux gérer les services de proximité pour une meilleure prise en compte des demandes et des besoins des habitants. Ensuite un objectif plus large : profiter de l'instance pour mieux informer les gens sur les projets qui concernent leur quartier mais aussi la ville en général. Ce sera une possibilité pour la ville de consulter les habitants sur un projet défini par les élus, voire plus en amont de débattre sur une politique ou sur des projets d'aménagements. Enfin le conseil de quartier peut aussi être porteur d'initiatives. La ville apportera alors son expertise technique pour poursuivre la réflexion.
Est-ce que c'est un mini-conseil municipal ?
Surtout pas. Il n'y aura pas d'élu thématique, sauf s'il est invité ponctuellement. L'opposition ne siège pas. Le conseil de quartier est consulté pour avis. Il est force de proposition. Mais son rôle s'arrête là. Il faut mieux être très clair dès le départ.
Certaines villes font le choix de doter ces conseils d'un budget. Pas Saint-Nazaire ?
C'est le cas de la Roche-sur-Yon, par exemple, qui attribue des enveloppes de quartier. C'est un outil pédagogique intéressant pour mesurer le coût des choses. La limite, c'est que son utilisation peut devenir un objectif en soi. Pour l'instant nous n'avons pas fait ce choix. Nous ne nous interdisons pas de l'envisager, mais nous préférons attendre que les conseils aient atteint leur niveau de bonne pratique pour envisager la question.
Y a-t-il eu beaucoup de volontaires pour siéger dans le collège habitants de chaque conseil ?
Entre vingt et cent vingt personnes habitants, selon les quartiers, ont manifesté leur volonté de siéger. Ils ont été tirés au sort. Sincèrement, je pensais qu'il y aurait eu un peu plus de candidats. Mais les militants des différentes associations ont aussi la possibilité de siéger au travers d'autres collèges.
Quel sera le rôle de l'élu président de conseil ?
Il est bien sûr là pour ramener la discussion vers l'intérêt général. Et aussi pour assurer la coordination avec les services et la ville. Mais si le conseil de quartier a une réelle envie de se prendre en charge, l'élu peut se mettre en retrait.
Pourquoi les réunions ne sont-elles pas publiques ?
Le huis clos est une volonté du maire. La priorité est d'apprendre à bien fonctionner ensemble. Il ne faudrait pas qu'il y ait de confusion entre les gens qui pourraient s'exprimer dans le public et les membres de conseil. Et puis la présence du public peut modifier certains comportements. En complément, nous organiserons des réunions publiques de quartiers comme nous l'avons fait lors de précédents municipes.
La mise en place des sept conseils représente un gros travail.
C'est un projet enthousiasmant. Il y a de quoi faire. Si les gens s'investissent moins dans différentes actions syndicales ou associatives, ils s'inquiètent davantage des choix qui influent leur vie quotidienne. C'est important de créer cette instance participative. Et puis nous allons aussi revoir à l'intérieur de la mairie la gestion des demandes des usagers, pour que des réponses concrètes soient apportées à tout ce qui constitue les petits soucis de la vie quotidienne. Nous allons sans doute créer une ligne téléphonique spécialisée pour ces demandes.
Recueilli par Cyrille PITOIS.
Ouest-France