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Les syndicats annoncent qu'ils vont « faire monter la pression » pour « éviter un traumatisme social sans précédent ». « L'État dans le capital »
Dans quel but ? « Pour contraindre le gouvernement à prendre la seule mesure réellement efficace : l'entrée majoritaire (directement ou indirectement) de l'État dans le capital d'Aker Yards ».
Mais pour Guy Sallenave, ancien directeur des Chantiers de l'Atlantique : « Par quel stratagème ceux qui ont accusé l'État d'abus de pouvoir pour avoir poussé la Caisse des dépôts et consignations à intervenir chez EADS, pensent-ils pouvoir expliquer qu'il serait fondé à le faire aujourd'hui au profit des Chantiers ? D'ailleurs, pour que cela soit possible, aurait-il fallu que ces derniers soient à vendre. Or, tel n'est pas le cas ».
« Politique ultra-libérale »
La CGT ne se fait guère d'illusion : « Qui peut croire aujourd'hui à une réelle volonté politique de notre gouvernement de soutenir notre fleuron industriel ? L'Europe poursuit sa politique ultra-libérale en acceptant ce concurrent asiatique dans le giron du groupe Aker Yards, avec toutes les conséquences désastreuses que cela pourrait entraîner pour l'avenir de la navale nazairienne et des milliers d'emplois », martèle le syndicat majoritaire sur le site naval nazairien.
Idem pour Force ouvrière qui affirme que « c'est le président de la République et son gouvernement qui portent l'entière responsabilité de toutes les menaces qui vont maintenant peser sur la Navale. Le loup STX est entré dans la bergerie Aker avec la bénédiction de Bruxelles ».
« STX prendra la barre d'Aker Yards »
Quant à l'avenir, Guy Sallenave parle de « situation devenue irréversible. Certains fondent des espoirs sur l'idée fausse que STX ne disposant que de 40 % du capital d'Aker Yards qui, lui-même, ne détient que 75 % de la filiale française, ne contrôlerait donc que 30 % de celle-ci, soit moins que la minorité de blocage. Mais qui possède ce pouvoir ? Aker Yards, bien entendu. Et qui va prendre la barre d'Aker Yards ? Personne n'en doute : STX.
Pour qu'il en aille autrement, il faudrait -hypothèse bien improbable-, que la nuée d'actionnaires se partageant les 60 % non acquis par STX se coalisent pour faire barrage aux Coréens ».