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Après la visite éclair de Nicolas Sarkozy, dans les bistrots du port, on parle de l'avenir des chantiers. : Maël FabreLe visage buriné, accoudé au zinc, cet ouvrier nazairien a l'air taciturne. Il fixe le ciel, le regard incertain sur l'avenir des Chantiers : « Pour moi, il n'y a pas de souci, j'aurai toujours du boulot. Ici, là, ailleurs, au Havre, à l'étranger. Mais je m'inquiète pour la situation de Saint-Nazaire et de ses gars. »
Au début, Aker Yards, ils y ont cru : un industriel, qui connaissait la navale, le marché, « finalement avec les Coréens, on ne sait même pas ce que ça va devenir tout ça. Avec les Norvégiens on était déjà inquiet, alors avec ceux-là, aucune illusion », lâche un ouvrier en bleu de travail.
Perplexe
Entre un casse-dalle et un ballon de rosé, Daniel, le commandant de bord du bar Le Ralliement tend l'oreille. « Ici, les gars parlent que de ça, de la visite de Sarkozy. Ils ont manifesté ce matin, là, devant l'entrée dans une bonne ambiance. Par contre, ils sont complètement remontés. Ça fait six ans que je suis là. Quand il y avait le Queen Mary 2, ça bossait dur. Aujourd'hui, pour mon commerce tout va bien, pas de soucis. Mais pour les gars, ce n'est pas vraiment ça. »
Miguel, sorti du troquet pour apercevoir le convoi, s'en moque comme de l'an quarante : « C'est vrai qu'il y en a beaucoup de policiers aujourd'hui pour le Président. » 12 h 30, le calme est revenu. « Ce n'est pas le tout, mais faut casser la croûte maintenant. Il y en a qui bosse », lance Erwan, dans la plus excentrée des buvettes.
Maël Fabre