Édition du mardi 14 août 2007
Quartiers ouest : que faire de l'amiante ?
Le désamiantage accompagne les travaux et démolitions des logements des quartiers ouest. Il y a deux manières de se débarrasser de l'amiante.
« La seule manière acceptable de se débarrasser des déchets amiante est l'incinération ». C'est la position que revendique Roland Hottelard, le président de l'Association départementale de défense des victimes de l'amiante (Addeva 44), dans un courrier adressé à la Silene (office des HLM), portant sur le devenir des déchets amiante provenant des travaux et destructions à effectuer dans les quartiers ouest. Bien que la préférence de l'organisme soit toujours allée à cette solution, elle acceptait jusqu'à présent l'enfouissement. Les deux manières de procéder sont, en effet, prévues par la loi. Mais pour Roland Hottelard, « un déchet enfoui n'est pas un déchet dont on s'est débarrassé. Un jour ou l'autre il devra être incinéré. Nous refusons de laisser cette responsabilité financière à nos enfants. Car l'amiante, contrairement au nucléaire, est valorisable et non ultime, c'est-à-dire qu'il peut perdre totalement sa nocivité par la vitrification, l'incinération à très haute température. »Enfouissement et incinérationLa Silene ne fait pas le choix absolu de l'une ou l'autre des solutions. « De l'amiante, il y en a partout. Plusieurs milliers de produits de bâtiments en contiennent. À Saint-Nazaire, il est difficile de regarder par la fenêtre sans voir de l'amiante, car jusqu'en 1995, l'utilisation était permise », explique Yves-Marie Lecointre, directeur du patrimoine de la Silene. Ainsi, les déchets amiante provenant de la réhabilitation d'appartements momentanément vacants, sont enfouis. Ceux qui viendront de la destruction des sept immeubles seront incinérés. « La Silene reste propriétaire de ses déchets d'amiante lorsqu'ils sont en décharge, c'est-à-dire enfouis. Mais elle ne possède plus les matériaux qui résultent de l'incinération. Nous avons donc décidé ici d'opter pour cette solution, bien que le coût soit beaucoup plus élevé. Dans le projet, la vitrification vaut 630 000 € de plus que l'enfouissement. »Désamianter totalement : impossibleL'Addeva 44 souhaiterait que toutes les habitations soient purifiées de l'amiante, pas uniquement les logements vacants. Mais selon Yves-Marie Lecointre, c'est matériellement impossible. « Il faudrait trouver où loger les habitants pendants ces travaux et une entreprise qui fasse cela, ce qui me paraît difficile. Quand bien même tout cela serait possible, il faudrait encore en avoir les moyens. Le désamiantage, tel que nous le pratiquons actuellement, coûte 700 000 €. Notre budget annuel étant de 4 millions d'euros, nous n'aurions plus de quoi assurer l'entretien classique. Il faut savoir que la présence d'amiante dans les dalles ou dans la colle des sols n'est absolument pas dangereuse pour la santé, même s'il y a fissure. Car, les fibres d'amiante disparaissant, l'exposition n'est pas prolongée. »Marie BILLON.
Ouest-France