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Des salariés de la plate-forme logistique Point P, à Saint-Aignan, sont en grève depuis plus de huit jours. Voilà plus d'une semaine que ça dure. Chaque matin, les grévistes (près de 40 selon eux ; à peine 30 selon la direction) s'installent devant l'entrée de la plate-forme logistique à Saint-Aignan, à deux pas de l'aéroport. « Nous voulons une augmentation de salaire de 5 % pour chacun, plus une prime de pénibilité. »
Depuis plus d'une semaine, Éric Plateau, le représentant CGT Force ouvrière, n'a pas varié d'un iota dans ses déclarations.
L'argumentation est simple. Les salaires sont trop faibles. « Ici un débutant démarre à 8,64 € brut de l'heure, soit un centime au-dessus du Smic. Au bout de dix ans, pour ma part, je touche 9,23 € de l'heure. Certains salariés qui ont moins d'ancienneté ont autant. De toute façon, ça reste très faible pour vivre. ». Il y a bien la prime mensuelle d'objectif que chaque salarié perçoit s'il atteint un certain niveau de rentabilité, « mais ce qui compte vraiment pour notre retraite, c'est le salaire », dit un gréviste.
En face, à quelques kilomètres de là, dans ses bureaux nantais, la direction campe aussi sur sa position. Elle s'en tient à l'augmentation de 3 % de la masse salariale délivrée lors de la négociation annuelle obligatoire. « Ils ont nos coordonnées. Ils peuvent nous appeler... » lâche-t-on à la direction des relations humaines de Point P. « Nous ne comprenons pas comment on peut se mettre en grève, sans la moindre communication au préalable. Ils sont 30. Mais Point P dans l'ouest, c'est 1 700 salariés ».
Parfois, un dirigeant passe voir comment ça se passe sur la plate-forme. Sans que personne ne fasse le premier pas vers l'autre. Chacun semble attendre. Aucune négociation ou même tentative n'a eu lieu.
Par leur force d'inertie, les grévistes peuvent perturber fortement l'activité. Ils ne préparent pas les commandes, (carrelage, parquet, outillage). Et les clients pourraient bien aller voir ailleurs...
Qui va céder le premier ? Les ouvriers ? « Nous sommes solidaires, c'est notre force », dit l'un deux. Où la direction ? « Elle perd forcément de l'argent... Les clients sont mécontents », affirme le syndicaliste Éric Plateau. Qui précise, « de notre côté, on s'organise. On a mis en place une caisse de solidarité. ». Pour tenir.
Philippe GAMBERT.