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Le secteur entre la pointe de Penchâteau et la pointe du Croisic n'est pas compris dans le périmètre de protection du plan Action mer. « Pourquoi ? » s'interrogent les élus de la région nazairienne. Engagé en 2005 par l'État, le plan Action mer prévoit le développement de zones protégées, des aires marines le long et au large des côtes afin d'en protéger la biodiversité. Le nouveau périmètre comprend une zone au-delà du plateau du Four jusqu'au secteur de Mor Braz au nord (côte du Morbihan), l'Estuaire de la Loire côté nord et coté sud incluant la baie de Bourgneuf.
Premier « hic » pour les élus de la région nazairienne : « la baie de La Baule et la zone allant de la pointe de Penchâteau à celle du Croisic ne sont pas concernées alors que les espèces ou habitats dont la protection est recherchée sont présentes sur ce secteur ».
Pas de concertation
Autour de la table, toutes les prises de paroles ont surtout pointé du doigt « la totale absence de concertation », y compris avec les professionnels de la mer, pêcheurs et conchyliculteurs. « C'est le dictat de l'État. Nicolas Sarkozy va prendre la présidence de l'Europe et la France a du retard dans ce domaine qu'il faut rattraper à marche forcée. Mais ce n'est pas aux acteurs locaux d'en payer les conséquences ! Tous les élus du littoral, toutes tendances confondues, ont refusé ce texte qu'il faut contre-argumenter », a expliqué Joël Batteux, président de la Carene.
Une contre expertise annoncée
Bernard Garnier, pour les Verts, s'est aussi élevé contre ce périmètre, « au zonage incohérent pour faire croire qu'on s'y intéresse à Natura. Il ne s'agit pas de remettre en cause Natura 2000 mais de prendre pour exemple d'autres pays, comme l'Italie, qui a anticipé et classé 15 % de son littoral avec des contreparties financières intéressantes ».
Une fois n'est pas coutume, Verts et Parti communiste se sont retrouvés sur la même longueur d'ondes, via Christian Manara qui a mis en avant « les propositions arbitraires de ce périmètre qui s'appuient sur des données scientifiques éparses et incomplètes, qui ne constituent pas une étude approfondie ».
Malgré les réprobations, la marge de manoeuvre sera réduite pour les opposants au périmètre, l'État ayant toutes compétences sur le domaine maritime. « Mais nous allons mener rapidement une contre-expertise en collaboration avec les professionnels de la mer qui sont extrêmement inquiets », a annoncé Philippe Grosvalet.
S. Le Hesran