Édition du mardi 25 septembre 2007
Natur'Action contre le tout béton
En considérant la politique de construction de logements sur Saint-Nazaire, l'association Natur'Action parle de fuite en avant. Et d'irréalisme.
Du béton, encore du béton à la place du plan d'eau paysager annoncé. L'association Natur'Action pointe, une fois de plus, les contradictions et les revirements de la politique urbanistique nazairienne avec le projet Ville-Gare. En 1996, la mise en valeur de l'entrée nord, dans le cadre du PGD (Plan global de développement), devait se traduire par la réalisation d'un plan d'eau paysager entre Prézégat et la gare. « La commune de Trignac est d'accord pour nous laisser faire cet aménagement », déclarait, péremptoire, le maire en 1999, au cours d'une réunion publique.Plus question de cela aujourd'hui. « Il s'agit de construire ici 40 000 m2 de bureaux et de logements, ce dans une zone humide sensible d'ailleurs classée Zone de protection spéciale (ZPS), fulmine Zack Moullec, une des chevilles ouvrières de l'association. On se retrouvera dans la même situation qu'à Pornichet, avec la zone de l'hippodrome et ses débordements réguliers, alors même que les bureaux ont du mal à se louer et se vendre sur le territoire de la Carene. »D'une façon générale, pour Natur'Action, le programme intensif de construction de logements sur la ville ne correspond à aucune réalité démographique sérieuse. « Entre 1999 et 2005, selon l'Insee, la population nazairienne a augmenté de 1 200 habitants. Ce qui fait 200 habitants par an. Avec un ratio de 2,14 habitants par logement, on arrive à 80 logements par an. Même si on double ce chiffre en tenant compte des nouveaux arrivants, et du phénomène des familles éclatées, on est loin des 550 annoncés et a fortiori du nouvel objectif de 700 à 750 », considère Zack Moullec, en mettant l'accent sur la flambée des prix de l'immobilier. « Au square Laborde, on parle de 2 400 à 2 500 € le m2. Des prix inaccessibles pour les jeunes ménages, compte tenu du niveau des salaires sur Saint-Nazaire. »Ce qui étonne tout particulièrement Natur'Action, c'est que les trois projets du Plessis, de la place Laborde et de la Briandais soient actuellement au point mort. « Rien ne se passe et pourtant, on nous l'a assez répété, c'était urgentissime. » C'est pourquoi l'association réclame que « tant que ces trois sites n'auront pas été construits, il ne soit pas question de toucher au square Delzieux ».Pierre BIGOT.
Ouest-France