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Le tribunal tente d'établir les responsabilités dans le drame qui, il y a quatre ans, a coûté la vie à une collégienne de douze ans. 10 h 45, le 20 octobre 2004, elle sort avec sa classe de 4e D du collège Saint-Paul à Rezé, dirigée par le professeur d'éducation physique pour se rendre au stade de la Trocardière.
Une fois dans la rue, les élèves et leur professeur découvrent qu'une grue est en cours de démontage. Et les choses se passent mal. La flèche de 45 m de long, démontée, soulevée par un camion-grue, se trouve à environ quatre mètres au-dessus du sol. Elle oscille dangereusement, heurte le pare-brise d'un véhicule, avant de tomber au sol violemment, le camion-grue se renversant sous la charge.
Malheureusement, Marion, qui a traversé la rue, sans doute pour se protéger entre deux véhicules, est tuée sur le coup. Antoine, un autre élève près d'elle est blessé à la tête par des éclats de verre.
Pour la première journée du procès en correctionnelle qui s'est ouvert hier à Nantes, le tribunal a essayé de comprendre précisément le rôle de chacun des quatre prévenus poursuivis pour homicide involontaire, blessures involontaires et non respect des règles de sécurité : le patron de la société de location de grues Mateloc, le chauffeur du camion-grue de la société Médiaco intervenant comme sous-traitant, le monteur et démonteur de grue de la société Mateloc et le patron de la société générale de maçonnerie Soulard, responsable de la construction d'un ensemble de 34 logements.
« Chacun se renvoie la faute »
Les parents de Marion assis sur le banc du public écoutent. « Nous nous attendons à une sanction pour ceux qui ont commis des fautes. On voit que ce n'est pas clair, que les débats sont assez techniques, que chacun se renvoie la faute même si certains prennent leurs responsabilités... », confie le papa de la victime.
Aucune demande d'autorisation municipale de démontage de la grue et d'occupation du domaine public n'a été effectuée. La rue n'a pas été neutralisée. Le collège n'a pas été prévenu de cette manoeuvre.
« L'entreprise générale de maçonnerie ne met aucun moyen approprié pour surveiller l'opération menée par trois hommes seulement. Il s'agit d'une procédure dangereuse et il ne vient à l'idée d'aucun des trois de sécuriser le périmètre », note François Parent, l'avocat des parents de la jeune victime. « Je pensais qu'il y avait un arrêté pour neutraliser la voie publique » déclare le grutier...
Un fil électrique gênant le démontage, le chauffeur de la grue mobile se lance dans une manoeuvre périlleuse. À tel point qu'il déclenche le système de sécurité sonore et lumineux. Volontairement il poursuit la manoeuvre en shuntant le système de sécurité à l'aide d'une clef, entraînant le camion-grue dans la chute. L'audience se poursuit aujourd'hui notamment avec l'audition d'un représentant de l'Inspection du Travail.
Eric Cabanas