Ligue 1 : Le FC Nantes, fallait pas l'inviter...
Des heures de car sous la chaleur du Maroc pour 90 minutes d'un match de piètre que Jérôme Alonzo n'a pu terminer, sorti sur une civière après une blessure : le FC Nantes ne gardera pas un souvenir impérissable de son séjour en Afrique. Etait-ce, finalement, bien raisonnable ?
Morocco Summer Cup, du 16 au 25 juillet. Le staff nantais ne souhaitait pas participer au tournoi marocain. Il est pressé de refermer la parenthèse. Ce sera le cas après le match de dimanche soir.
SKIHRAT (de notre envoyé spécial). Michel Der Zakarian et son staff ont laissé leur enthousiasme dans les vestiaires du centre d'entraînement de la Jonelière. Réticent ¯ doux euphémisme ¯ au déplacement en Afrique du Nord, l'entraîneur a trouvé dès l'entame de son séjour maghrébin quelques arguments pour étayer ses craintes. En premier lieu, celle inhérente à la localisation de son séjour : Skhirat, où se situe l'Amphitrite Palace, lieu de résidence (de villégiature ?) ultra-luxueux des Canaris, sa piscine à débordements avec vue imprenable sur l'Océan Atlantique.
Un 5 étoiles qui offre des prestations haut de gamme. Mais trop éloigné des terrains d'entraînement et des stades où se déroule la compétition, des préoccupations du staff en somme. Et sans doute aussi trop propice au farniente. Le sportif de haut niveau a ses raisons que le touriste ignore. Les Canaris ont ainsi passé plusieurs heures dans leur bus climatisé pour effectuer les trajets. Les pelouses sur lesquelles ils posent leurs crampons sont de qualité médiocre et « la chaleur et la déshydratation » dixit Michel Der Zakarian ne plaident pas en faveur du déplacement.
« C'est un peu folklorique, sourit Frédéric Da Rocha. En venant ici, le but était d'engranger des minutes de jeu. Mais on ne s'est pas trop entraînés. C'est aussi bien qu'on rentre à Nantes où l'on peut bien travailler », poursuit le capitaine nantais. « On va retrouver des conditions plus adaptées à la préparation », souligne Guillaume Moullec. En terme de prestation, celle livrée par le FC Nantes jeudi soir n'aura pas alimenté les données enregistrées par le technicien depuis la reprise. Tout juste peut-il se réjouir de d'une « solide assise défensive, autour de Mickael Gravgaard, qui est un patron. »
Du farniente et des blessures
Beaucoup plus ennuyeux, la mécanique nantaise s'est enrayée durant ce séjour africain. Aux petits pépins physiques de Stefan Babovic et Jean-Jacques Pierre, en délicatesse avec leurs cuisses, sont venues s'ajouter les blessures contractées lors de l'opposition face aux champions du Maroc. En premier lieu, celle de Jérôme Alonzo, pour qui le premier arrêt du match fut aussi le dernier. Contraint de quitter ses partenaires, il boitait bas à la sortie du vestiaire (lire ci-après).
Frédéric Da Rocha n'a pas non plus été épargné par les contacts. Il a dû sortir prématurément. « Il ne faut pas se voiler la face, ça flingue un peu la préparation », déplore Nicolas Goussé qui compte sur les retrouvailles avec la Jonelière pour « rattraper » le coup. D'ici là, Yoann Poulard espère surtout « limiter » la casse. Jeudi soir à Casablanca, le match était il est vrai engagé. Les FAR ont un peu allumé les Bretons. Mais bien avant, les Nantais auraient préféré la mettre en veilleuse...
Loïc FOLLIOT.
Ouest-France