Les pêcheurs ne reviennent pas les mains vides
Les pêcheurs, parmi lesquels quelques représentants de la Loire-Atlantique, ont exprimé leur colère une partie de la journée devant le ministère de l'Agriculture et de la Pêche. : Photo AFP
Ils ont obtenu hier une aide sociale de 40 M€ et le versement de 110 M€ d'ici la fin de l'année.
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« Il faut qu'on fasse les comptes. Pour les matelots, c'est sûr c'est bon. Pour les patrons, il faut voir. On a obtenu de belles avancées mais maintenant il faut vraiment qu'on y réfléchisse ensemble et ça se fera demain à La Turballe (ndlr : ce matin) ». Dominique Lebrun, présidente du comité des pêches de La Turballe, ne voulait pas s'emballer hier soir au terme d'une journée de négociations.
C'est en effet un véritable marathon de discussions qui a eu lieu hier au ministère de l'Agriculture et de la Pêche. Commencés en début de matinée, les échanges entre les représentants des pêcheurs et le ministre ont cessé peu de temps après.
110 millions d'euros
Les premiers ont repoussé les mesures d'urgence du ministre et exigé du gouvernement un litre de gasoil à 40 centimes d'euros (contre 0,73 €). Après un aller-retour de Michel Barnier à l'Élysée, le ministre de la Pêche a annoncé le versement de 110 millions d'euros d'ici la fin de l'année. Cette enveloppe fait partie du plan d'action de 310 millions d'euros annoncé le 13 janvier par Michel Barnier.
Mais le ministre a indiqué que ce plan prévu initialement sur trois ans se déroulerait finalement sur deux ans. Dans ce cadre, il a annoncé l'attribution d'une « aide sociale » de 40 millions d'euros pour soutenir le revenu des marins pêcheurs. Pour Michel Barnier, « au-delà d'un prix du gazole de 40 centimes d'euros par litre, le sentiment général est que la situation sociale n'est plus supportable dans notre pays pour les marins pêcheurs ».
Négociations tendues
« Les négociations ont été tendues » confirme Dominique Lebrun. Les représentants des pêcheurs ont parlé d'une seule voix pour exiger le litre à 0,40 €. « On était prêts à sortir les sacs de couchage et à dormir au ministère s'il le fallait ».
Mais hier soir, à l'image de Dominique Lebrun, la plupart des pêcheurs de Loire-Atlantique restaient circonspects. « Ce sont les mêmes mesures qu'en novembre. On recule pour mieux sauter » confiait par exemple l'un des professionnels du Croisic qui manifestait lui à Saint-Nazaire (lire ci-dessous). « Il reste un petit espoir ; la pêche n'est pas encore morte » espérait l'un de ses collègues.
Ce matin, les pêcheurs du Croisic et de La Turballe tiendront des réunions séparées pour ausculter les propositions du ministre. Et décider ensuite si ça vaut maintenant la peine de reprendre la mer.
M.C.
Presse-Océan