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Toute la journée, les marins pêcheurs croisicais ont alimenté le feu de pneus, devant les affaires maritimes de Saint-Nazaire. : Franck DubrayLes réactions sont variées. « J'ai envie d'aller en mer, d'y croire encore. J'ai de l'espoir », confie Thierry Evain, le patron d'un gros chalutier, le Quentin-Grégoire. Un peu plus tôt dans la journée, il appelait de ses voeux « un plan de sauvegarde d'urgence. » Le plan Barnier lui semble y ressembler, avec ses 110 millions d'euros sur un an, la garantie par l'État d'une compensation salariale assurant aux matelots un gasoil à 40 centimes le litre. « Une mesure sociale et donc eurocompatible. »
L'impression d'être menés en bateau
Mais le patron pêcheur croisicais reste circonspect. Et comprend ceux qui enragent. « Les gars sont fatigués d'être trimbalés par les promesses. Il reste beaucoup d'inquiétude. » Un jeune matelot l'interpelle : « Tu y crois ? Y'a rien pour les armements. Quand ils disparaîtront, les matelots couleront avec. On nous calme avec un plan sur six mois. Et après ? »
L'échange illustre l'état d'esprit des pêcheurs. Ils se battent pour travailler en obtenant des revenus dignes. « Pour sauver la flottille française », dit un autre. Mais, ils ont l'impression d'être menés en bateau par de nouvelles promesses gouvernementales auxquelles ils aimeraient pourtant croire.
Leur action, décidée le matin même, se voulait « symbolique et pacifique. » Les petits bateaux, moins touchés par la crise du gasoil, sont restés à quai, rejoignant par solidarité les gros chalutiers, « en KO technique depuis samedi. » Toute la journée, ils ont brûlé des pneus et des palettes, dans une ambiance bon enfant. En début d'après-midi, ils arrachent la grille des affaires maritimes. Mais en restent là.
Vers 16 h 30, la tension monte d'un cran. En cause : le déploiement soudain de cars de CRS, ressenti comme une provocation par les manifestants. Pendant un quart d'heure, le ton monte entre policiers et pêcheurs. Ces derniers acceptent finalement de reculer contre la promesse du retrait des CRS.
Commence alors la longue attente du résultat des négociations parisiennes. Avant le retour au Croisic. IIs doivent se retrouver ce jeudi matin, pour examiner les détails du plan Barnier. Et décider de la poursuite ou non de leur mouvement.
Didier BLIN.