Perdu ? Retour à l'accueil !


Édition du vendredi 20 juin 2008

Les Konono n° 1 privés de visas et d'Escales

Le groupe s'annonçait comme une des sensations du festival. Les restrictions migratoiresen ont décidé autrement.

Les Konono n° 1 ne quitteront pas Kinshasa cet été. Le groupe devait boucler à Saint-Nazaire, le deuxième soir des Escales, une tournée européenne entamée fin mai à Londres. Une sorte de consécration pour un groupe dont la réputation élogieuse ne cesse d'enfler. Jusqu'à charmer Björk, avec qui il a joué. Et pas mal de programmateurs européens.

C'était sans compter sur le durcissement des conditions d'entrée dans la forteresse Europe des artistes du Sud. Et singulièrement des Africains. Pour Patrice Bulting, patron des Escales, c'est un coup dur. Non seulement parce que la défection forcée des Congolais créée un trou dans sa programmation. Mais surtout parce qu'il voit ainsi se confirmer ses craintes quand à la libre circulation des artistes. Celle-ci est mise à mal par des restrictions migratoires qui dressent des barrières face à des artistes soupçonnés d'être des clandestins en puissance.

C'est la première fois en 17 ans que les Escales doivent annuler un concert faute de visa. Les sésames ont parfois été délivrés à la dernière minute, notamment pour les musiciens algériens. Mais ils l'ont jusqu'à l'an dernier toujours été.

Cette fois-ci, le groupe renonce. Dépité par les dates qui s'annulent les unes après les autres, les billets d'avions payés qui ne seront jamais remboursés.

Pour lui, c'est une catastrophe artistique et économique. Il y a quelques jours, leur tourneur français, Yorrick Benoist, espérait pourtant que l'ambassade de Suède se montre plus coopérante que celle de France. Et entrouvre ainsi la porte de l'espace Schengen. Ses espoirs ont finalement été douchés. Même les passeports diplomatiques présentés par les musiciens de Konono n° 1 n'auront pas eu le pouvoir d'infléchir les positions consulaires. Ni le fait qu'aucun membre du groupe n'ait disparu dans la nature lors de précédentes tournées en Europe. Dommage pour la musique. Et pour tous les festivaliers amoureux des musiques du monde.

Reste aujourd'hui à trouver une solution alternative. Patrice Bulting n'a pas encore tranché : « Il y a trois solutions : annuler purement et simplement, trouver un groupe de remplacement ou demander à un groupe programmé le vendredi de rejouer le samedi. »



Didier BLIN.

Ouest-France

Les autres titres

maville.com Tous les flux RSS d'actualités