Le port s'apprête pour les Escales new-yorkaises
Patrice Bulting et Jérôme Gaboriaud, sous les photos géantes de Robert Wable, sont prêts à embarquer pour New York. : DR
Le port commence à revêtir ses habits de festival. Professionnels et bénévoles préparent les Escales. Destination New York, vendredi et samedi.
Notre dossier Escales 2008
Jour J - 5. « Fébrilité et excitation positive. » À cinq jours du premier concert, Patrice Bulting, directeur des Escales, voit monter la pression avec le calme du vieux briscard ¯ seize éditions au compteur déjà. Un calme pas tout à fait olympien qui n'empêche pas les coups de stress des derniers jours.
Gros motif de sérénité : après le malheureux épisode Konono n° 1, les Congolais refoulés à l'entrée de l'espace Schengen, tous les artistes invités par les Escales ont leur visa en poche. En revanche, Fred Wesley, ne participera pas à l'African tribute to James Brown. Deux saxophonistes supplémentaires et Tony Allen devraient faire oublier son absence.
Professionnels et bénévoles. « 200 pros sont sur le pont jusqu'à ce week-end », annonce Patrice Bulting. La salle Jacques-Brel ressemble en effet à une fourmilière où s'activent des techniciens en pagaille. Les bénévoles seront encore plus nombreux : un millier au bas mot. Dix-huit associations seront cette année présentes sur l'enceinte du festival, assurant restauration et buvettes. Car, rappelle Patrice Bulting, « le service marchand y est absent ».
Scénographes. Le festival conquiert de nouveaux espaces. En s'ouvrant vers l'estuaire, il investit notamment le parking Saint-Hubert, la halle sud déménagée et le bosquet qui fait face à l'écomusée. Celui-ci abritera l'espace Azul Brazil, imaginé par Lionel Ducos. Le duo Diazzo, avec ses projections lumineuses géantes, évoquera une ville qui ne dort jamais, New York. Enfin, Cyrille Bretaud est de nouveau chargé d'habiller la salle Jacques-Brel, transformée en New York village. Cette année, son travail se construit autour des superbes photos noir et blanc de Robert Wable.
Cinéma. Le Fanal se met au diapason du festival en programmant trois films new-yorkais (Serpico, Un jour à New York et le très musical New York, New York). Cinéville n'a pas encore révélé sa programmation dédiée. La Huit, qui avait produit trois films documentaires l'an dernier, revient, en partenariat avec Télé Nantes. Rémy Kolpa Kopoul, Ramiro Musotto et Nervous Cabaret front l'objet chacun d'un documentaire.
Éco-citoyenneté. C'est le nouveau mot à la mode des organisateurs de festivals. Les Escales, accrochées l'an dernier sur leur supposée éco-irresponsabilité, s'y mettent aussi.
Tri sélectif, 69 000 gobelets consignés, affiches à l'encre non-chlorée, restauration aussi bio et équitable que possible... Les escales déclinent la panoplie complète du festival éco-compatible.
Tendance. Le festival enregistre déjà 7 000 réservations. Ce qui laisse espérer aux organisateurs un bon cru, en terme de fréquentation.
Patrice Bulting, prudent, se fixe l'objectif de 20 000 spectateurs payants, « le point d'équilibre. » Mais à moins de 25 000, pour une édition qui a accroché quelques pointures capables de mobiliser un public nombreux et varié, de Sonic Youth à Dee Dee Bridgewater, en passant par Alpha Blondy, ce serait une déception.
Place aux enfants. La ludothèque de Méan-Penhoët et la Maison des jeux de Nantes ont été mises à contribution. Elles initieront les petits à des jeux d'Amérique du Nord et du sud ou les inviteront à reconstruire, en miniature, la ville de New York. Côté musique Brice Kapel présentera un spectacle plein de rêves et de couleurs.
Une pomme pour la soif. Cette année, il s'appellera Big Apple. L'incontournable cocktail du festival mélange sirop de pomme, jus de carambole et rhum, entre autres. Il se décline aussi en version sans alcool.
Didier BLIN.
Ouest-France