Actualité dossier

La rénovation des quartiers ouest

Édition du mercredi 26 septembre 2007

Le bétonnage contre la crise du logement

Alors que des voix s'élèvent pour critiquer le bétonnage entrepris dans l'agglomération Joël Batteux martèle sa position et en fait un enjeu politique. Entretien.

La position de Natur'Action vous fait réagir vivement. Quelles sont vos explications ?

Tout est faux dans l'analyse faite par cette association. Et c'est pourtant un grand sujet : faut-il marquer une pause dans le développement de la ville ? Je pense d'ailleurs que poser la question est largement prématuré après toutes les années difficiles que Saint-Nazaire a connues. Toutes les statistiques convergent, et le schéma de cohérence territoriale accepté par 57 communes, de gauche comme de droite, a été validé par toutes les assemblées : il y a du monde qui va arriver. Ou on s'organise pour accueillir ces personnes, ou on attend que la pression nous contraigne à prendre de grandes décisions dans l'urgence.

La Carene annonce un objectif de 1 300 logements à construire chaque année (dont 700 pour Saint-Nazaire) et Natur'Action évalue le besoin à 160 pour la ville. Son estimation est donc fausse ?

Le calcul est idiot. Entre 2000 et 2005, la Ville a produit 3 000 logements nouveaux pour absorber la décohabitation des familles et les 1 200 nouveaux habitants. Et sur la même période, les effectifs scolaires ont perdu 350 enfants. Ce qui montre bien que l'attente des jeunes couples et des familles n'a pas été satisfaite, et apporte la preuve qu'on ne construit pas assez. Autre élément : entre 2005 et 2007, le prix moyen des logements d'occasion a augmenté de 50 %. Un décollage fulgurant dû au manque de choix.

Les élus voisins de Cap Atlantique ont tout de même émis un avis très réservé au projet de secteur de la Carene, alors que les deux collectivités sont désormais unies par la même agence d'urbanisme.

Dans la précédente période, la Presqu'île n'a fait que développer son offre de logements et bétonner ses zones rurales et son littoral. Aujourd'hui, la Carene a besoin de rattraper le retard pris sur la Presqu'île ou l'agglomération nantaise. Ça leur fait peur. Mais je suis persuadé que nous tomberons d'accord. Ce ne sont pas des habitants en plus à Saint-Nazaire qui vont perturber la circulation à La Baule !

Votre politique du logement revient régulièrement en débat. Les municipales pointent. S'agit-il d'un enjeu politique ?

Il y a d'abord un enjeu économique. Si on veut que les entreprises tournent, il faut qu'elles puissent accueillir et retenir des salariés. Comment peut-on presque se réjouir d'envoyer des salariés vivre à 30 km d'ici ? C'est vrai, c'est une différence entre une politique de gauche et une politique de droite. Nous sommes à la veille d'une grave crise du logement et certains souhaitent l'organiser. Ceux qui attendent un logement ne s'organisent pas pour râler. Il y a des centaines de familles à satisfaire et une petite centaine de gens qui défendent leur environnement immédiat. Aujourd'hui, nous sommes en retard pour répondre au besoin du dynamisme industriel et à l'attraction résidentielle de toutes les zones littorales en Europe. Et ce retard m'inquiète.

Recueilli par Cyrille PITOIS.

Ouest-France

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