Le Vieux-Mans change de décor pour Henri IV
Une vingtaine de décorateurs entreprennent, depuis hier après-midi, le vieillissement de la cité Plantagenêt pour le tournage d'un docu-fiction sur l'assassinat d'Henri IV. Sur France 2. :
L'équipe de décorateurs d'un téléfilm qui sera diffusé sur France 2 est à pied d'oeuvre. But de la manoeuvre ? Vieillir la cité plantagenêt...
Le Vieux-Mans est trop jeune. Alors on lui ajoute quelques rides ! Depuis hier, une vingtaine de décorateurs de cinéma ont commencé le contre-lifting. « Cette maison est trop moderne, on va la masquer avec une fausse façade en bois », explique Frédéric Duru, chef décorateur. L'idée est de replonger les venelles de la cité Plantagenet dans l'ambiance du 14 mai 1610. Date à laquelle Henri IV s'est fait assassiner de deux coups de couteau par François Ravaillac. « On va reconstituer cette scène ici, à l'angle de l'escalier de la Petite-Poterne et de la rue de la Verrerie », poursuit Frédéric Duru.
Ce secteur pavé va donc jouer la doublure de la rue de la Ferronnerie à Paris. Lieu réel du guet-apens où le carrosse a été bloqué par des travaux. Après être sorti du Louvres. « On commencera d'ailleurs les plans par l'assassinat. On liquide le roi d'emblée dès le premier jour de tournage, lundi prochain », détaille le chef décorateur. Un tournage qui durera jusqu'au vendredi 23 mai.
Des habillages construits à Arnage
Mais l'heure est au masquage de gouttières par de fausses poutres en bois. Ensuite, ce sera au tour des lampadaires. « Cette rue, plutôt résidentielle, va être transformée en rue commerçante, plus populaire », pointe le chef décorateur. Le petit parking (au pied de l'escalier de la Petite-Poterne) va d'ailleurs devenir un marché.
« Après, on passe au quartier de la cathédrale, planifie Frédéric Duru. On y tournera mardi 20 et mercredi 21 mai ». Le décor se montera lundi prochain. Et vendredi si la production parisienne (Boréale) obtient les autorisations de la mairie. Le quartier de la cathédrale (rue Bérengère) prendra des allures d'ambiances bourgeoises. « Là-haut, on aura un peu moins de confort », craint Patrick Lambert, surpris par la facilité de travailler en ce jour férié plutôt désert, côté circulation. « A Paris, on se serrait déjà fait klaxonner plus d'une fois », sourit Frédéric Duru. Quant aux autorisations de filmer dans la rue, les services de la Ville de Paris semblent un tantinet plus tatillons. « La rue Bérengère sera constituée de boutiques, le cabinet du kiné va être entièrement habillé », confie Patrick Lambert. Tous ces habillages sont construits depuis quinze jours dans un entrepôt, en zone industrielle d'Arnage. « Nous l'avons loué très provisoirement », explique le chef décorateur.
La Grande-Rue ne fera pas la fine bouche. Elle aussi a été sélectionnée dans le casting des rues à relooker. Une séance de maquillage est prévue pour la délurer. Lui donner un petit air populaire. « Ensuite, il faudra accessoiriser les boutiques, leur donner vie », se réjouit déjà le chef décorateur. C'est son jeu préféré. Un jeu que les badauds ne manqueront pas de suivre.
Et quand verrons-nous à la télévision cette série intitulée « Les journées qui ont fait la France » ? « Aucune idée, sèchent les décorateurs. Trop de paramètres sont en jeu. »
Thierry SOUFFLARD.
Ouest-France