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Laurence Parisot, la patronne des patrons français, a été accueillie à Nantes par Jean Leroyer, le président du Medef de Loire-Atlantique, et Bruno Lucas, le président régional. : Photo Nathalie Bourreau« Je suis venue saluer l'activité, la créativité et le dynamisme d'un des plus beaux Medef de France, celui de Loire-Atlantique. L'occasion m'est aussi donnée de célébrer le 20e anniversaire des Jules-Verne de l'entreprise. Une initiative signée Georges Drouin (ndlr : ancien responsable de l'Union patronale du département, il est aujourd'hui membre du conseil exécutif du Medef), qui a beaucoup oeuvré pour moderniser notre mouvement ».
Les trophées Jules-Verne mettent en exergue le dynamisme des entreprises ligériennes... Qu'en pensez-vous ?
« C'est une idée géniale d'associer Jules-Verne au monde de l'entreprise, en se projetant dans l'avenir ! Nos entreprises doivent mobiliser leurs énergies en faveur de l'innovation comme nous l'a appris Jules-Verne dès notre enfance ».
L'actualité locale, c'est notamment la réforme portuaire qui provoque le tollé de la CGT à Nantes - Saint-Nazaire...
« La réforme en cours est essentielle pour l'avenir du port de Nantes - Saint-Nazaire, celui des autres ports français et le développement logistique de nos entreprises. Nous avons la chance d'avoir l'une des plus belles façades maritimes au monde mais une marchandise sur deux arrive en France en transitant par un port qui n'est pas français... La modernisation est urgente, sous peine de voir s'effondrer les positions françaises sur le marché européen ».
Vous avez rencontré les syndicats à Nantes. Quelles sont leurs préoccupations ?
« Leur première porte sur mise en oeuvre de la représentativité syndicale. La CFTC, FO et la CFE-CGC ont exprimé des craintes et je les comprends. Mais la réforme de la représentativité syndicale met la démocratie au coeur du système, ce qui permet la confrontation d'idées. Chacun a ses chances et les meilleurs gagnent ! ».
Cela peut-il générer des rapprochements syndicaux ?
« Une recomposition est possible car les règles du jeu ont changé avec plus de démocratie, mais j'ignore sous quelles formes.... ».
Avez-vous abordé d'autres sujets avec les syndicats ?
« Ils m'ont dit que des gens travaillaient pour des sous-traitants des Chantiers de l'Atlantique (Aker Yards) sans avoir de bulletin de salaire. Si c'est vrai, il faut porter plainte immédiatement car c'est inacceptable ! ».
Récemment, l'État a justement annoncé son entrée dans le capital d'Aker Yards à Saint-Nazaire. Un sentiment ?
« Je n'ai qu'une chose à dire : cette participation minoritaire semble justifiée par des raisons de défense nationale ».
Parmi les sujets d'actualité, figurent la loi de modernisation de l'économie, les 35 heures... Existe-t-il des priorités selon vous ?
« Je retiens avant tout le nouvel élan donné par le président de la République à sortir des dossiers enfermés dans des tiroirs depuis des décennies. Mais il est illusoire de penser que les effets seront immédiats... Pour que la France retrouve le chemin de la prospérité, il faut des réformes de structures. On revalorise le travail avec les heures supplémentaires, en réformant la durée du travail. C'est positif pour fabriquer de la croissance. La loi de modernisation de l'économie stimule la concurrence et va favoriser la création de richesses. De la même manière, la loi sur l'autonomie des universités doit permettre de relever le niveau de notre enseignement supérieur ».
Propos recueillis
par Denis Bourdeau