La dérive au long cours d'une balise Argos enveloppée... dans une molécule d'eau
Olivier Leroi tient dans ses mains la balise protégée sous son habillage en forme de molécule d'eau. : Photo Nathalie Bourreau
C'est une balise Argos très particulière. Comme les autres elle signale sa position en temps réel, via les satellites. Mais elle ne signale aucune détresse. C'est une oeuvre d'art... et un vecteur d'action pédagogique.
Le lycée du Giennois, à Gien (Loiret), est un nouvel établissement. Dans le cadre de sa construction et du « 1 % culturel » associé, le projet d'Olivier Leroi a été retenu, en accord avec l'équipe éducative.
L'idée : envelopper une balise Argos dans une enveloppe protectrice en forme de molécule d'eau, la mettre à l'eau à proximité du Mont-Gerbier-de-Jonc, la laisser dériver au fil de la Loire jusqu'à l'estuaire, puis au-delà à travers l'Atlantique.
« Comme les aléas de la vie... »
« C'est un peu une métaphore du Bateau ivre », explique Olivier Leroi. « C'est aussi l'ouverture au monde pour les élèves, avec tous ses aléas, comme la vie... ».
Et des aléas il y en a déjà eu depuis la mise à l'eau de la balise, le 12 mars, à une centaine de kilomètres de la source de la Loire. À plusieurs reprises il a fallu l'extraire d'un bras mort, la reprendre aux roseaux, l'aider à passer un barrage...
Suivie d'heure en heure sur un écran du lycée, la dérive de l'engin sert aussi de support pédagogique. En français, en arts plastiques, en géographie, en mathématiques, les enseignants exploitent son cheminement.
Trois ans de fonctionnement
Hier à Mauves, la balise a été récupérée par le service des Voies navigables de France. Elle sera exposée aujourd'hui au Hangar 32, sur l'île de Nantes. Puis sera remise à l'eau à Trentemoult vendredi (14 h 30). Direction Saint-Nazaire. Là elle sera à nouveau reprise en main pour être conduite au large, histoire d'éviter un échouement prématuré.
Si tout va bien les courants l'emporteront alors à travers l'Atlantique. « Elle est équipée pour pouvoir fonctionner entre deux et trois ans », précise Olivier Leroi. Les actuels lycéens de Gien, ou leurs successeurs, auront peut-être la chance de lui voir atteindre un jour les Caraïbes...
Jean-Philippe Lucas
Presse-Océan