Édition du mardi 08 janvier 2008
La Ville met son empreinte sur l'habitat
Les chantiers de construction de logements se multiplient sur Saint-Nazaire. Une réponse aux nombreuses demandes de la population souhaitant s'installer en ville.
Le ballet des grues au-dessus des toîts nazairiens n'est pas prêt à tirer le rideau. Au service urbanisme, on ne compte plus le nombre de dossiers en cours d'instruction au service des permis de construire, en cours de réalisation ou en voie d'achèvement et de livraison, clés en main, aux nouveaux locataires ou propriétaires.
« Depuis quelques années, l'évolution des situations familiales, alliée à une nouvelle attractivité pour Saint-Nazaire, a considérablement fait augmenter le nombre de demandes de logements », explique David Samzun, adjoint à l'urbaniste. « La ville génère quelque 600 demandes de logements par an, uniquement en interne. Si l'on tient compte des arrivants extérieurs, il faudrait « sortir » 1 200 logements par an. » Mission quasi impossible : en 2007, 259 permis de construire ont été accordés, dont 120 en permis groupés, et 406 logements en collectifs ont été ouverts.
La maîtrise du foncier
D'où la nécessité « d'une politique volontariste d'habitat » que défend David Samzun. « L'enjeu est de répondre à la demande des Nazairiens en leur proposant des solutions adaptées à leurs besoins. Des besoins qui évoluent et diffèrent selon que l'on s'adresse à des jeunes ou à des personnes vieillissantes souhaitant se rapprocher des structures offertes seulement en ville. » Et l'élu d'insister sur la volonté « d'assurer un mélange des genres en proposant logement social, accession à la propriété ou primo accédants ».
Selon lui, cela n'est possible que si la Ville maîtrise le foncier, en en étant propriétaire. À partir de là, les élus peuvent, lors des négociations autour des projets de construction avec les promoteurs, peser sur les choix. « Cela va du pourcentage de logements sociaux ou de primo accédants à la nécessité d'implanter des espaces publics, en passant par le souci du développement durable, comme cela a été le cas au square Delzieux avec la mise en place de ventilation naturelle, de panneaux solaires... » Une intervention beaucoup plus difficile quand vendeur et promoteur sont des privés. Parallèlement, les différents partenaires signent une clause anti spéculative, interdisant aux primo accédants de revendre leurs biens avant sept ans, à moins qu'ils ne le fassent au prix de départ augmenté de l'inflation.
Toutefois, le patrimoine urbain a ses limites et la Ville se heurte à quelques difficultés pour acquérir des terrains jusqu'alors à vocation agricole. « Sachant qu'ils sont destinés à la construction, les propriétaires cherchent à faire monter le prix. Et nous avons des fois du mal à atteindre l'équilibre entre l'achat, la viabilisation, les réseaux et le prix de vente des maisons à la sortie », confie David Samzun, en précisant qu'en « aucun cas les propriétaires sont spoliés quand la Ville achète des terrains ».
Eric MARTIN.
Ouest-France