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A 74 ans, Jean-Pierre Nennig vient de publier son dernier opus d'une précision quasi chirurgicale : « Le chemin de fer de Bretagne sud » . La ligne des ouvriers de la navale nazairienne
Levier essentiel de l'essor industriel à compter de la seconde moitié du XIXe siècle, le train a aussi contribué au développement du tourisme balnéaire au début du XXe.
« C'est en 1857 que le chemin de fer est arrivé à Saint-Nazaire », rappelle Daniel Sicard, directeur de l'Écomusée. Si la première ligne fut celle reliant Nantes à Saint-Nazaire, où débarquaient les voyageurs transatlantiques en partance vers les pays d'Amérique du sud, l'autre axe ferroviaire majeur à partir de 1862 fut celui qui desservait les principales communes du Morbihan à destination de Saint-Nazaire. « De Savenay à Landerneau, le chemin de fer de Bretagne sud a permis d'acheminer la nombreuse main-d'oeuvre employée par les chantiers navals. Inaugurée par Napoléon III, cette ligne desservait toutes les petites gares à partir de La Roche-Bernard. Au début du XXe siècle, elle était empruntée par plus de 2 000 ouvriers chaque jour. Grâce à ce progrès, ceux-ci ont alors pu rentrer chez eux le soir au lieu de rester se loger, très souvent comme ils pouvaient, à Saint-Nazaire », rappelle l'auteur résidant à Pornichet.
Jusqu'en 1948
Pendant la guerre, la voie ferrée de Bretagne sud servit aussi à l'édification des bases sous-marines allemandes. « Six trains partaient tous les jours de la presqu'île de Quiberon pour acheminer le sable nécessaire à la fabrication du béton », indique Jean-Pierre Nennig.
Le chemin de fer de Bretagne sud (plus de 500 km de lignes avec ses divers embranchements) fonctionna ainsi à plein régime jusqu'en 1948, époque du retour en grande quantité de l'essence et de l'affrètement des cars. La route allait alors prendre l'ascendant sur le réseau ferré pendant plus d'un demi-siècle. Aujourd'hui, avec le prix exorbitant des carburants, on est en... train d'assister à la revanche du rail sur l'asphalte.
Franck Labarre
« Le chemin de fer de Bretagne sud » aux éditions JPN ; en vente en librairie (27 €).