Ils avaient agressé des policiers : un an d'emprisonnement pour Johnny et Christian
Ambiance tendue, hier, au tribunal correctionnel de Nantes, où deux mondes se sont rencontrés. Deux policiers ont pris place sur le banc de la partie civile. Dans le box des accusés, deux prévenus. Plusieurs parents sont venus les soutenir dans la salle.
Jeudi dernier, une course-poursuite aurait pu mal tourner au village de la Bernardière, à Saint-Herblain, où vit une famille sédentarisée issue de la communauté des gens du voyage.
Lancée à la poursuite du fils d'un des prévenus, la Bac (Brigade anticriminalité) est entrée sur le terrain où vivent Christian, 38 ans et son beau-frère, Johnny, 41 ans. Âgé de 15 ans, le fils de ce dernier était soupçonné de vol de scooter.
Quand les policiers ont voulu rentrer dans son chalet, Christian a sorti son fusil. Quant à Johnny, il a délibérément foncé sur eux avec son camion, alors que les fonctionnaires se repliaient.
« Si j'avais voulu les blesser, j'aurais pu »
Un geste effectué « pour les intimider » assure Johnny, car vu la configuration des lieux, « si j'avais voulu les blesser, j'aurais pu ».
Christian aussi a juste tenté « d'impressionner » les policiers. « Il était pas chargé le fusil, je leur ai dit quand je l'ai posé ».
Mais pour la présidente Cazeaux-Charles, ce comportement représente une violence caractérisée puisqu'il a obligé les fonctionnaires à dégainer leurs armes.
Pourquoi une telle hostilité à l'égard des forces de l'ordre ? Johnny l'explique par son agacement des intrusions répétées de la police sur son terrain.
Des interventions difficiles pour les policiers
« Ils sont déjà venus en mars, pour chercher mon fils. Je leur ai dit qu'il était majeur, marié et n'habitait plus là ». Mais les policiers sont revenus pour une perquisition. « Je n'étais pas là, ils ont tout renversé », dit-il.
À la barre, les policiers témoignent des difficultés qu'ils rencontrent à chaque intervention dans ce quartier.
« J'attends toujours des réponses »
Représenté par Mme Le Carroz, le ministère public, n'ayant pas entendu de réels regrets ou excuses, requiert respectivement 18 mois et deux ans de prison à l'encontre de Christian et Johnny.
Pour la défense, Maître Boog évoque les visites régulières de la police chez les prévenus. Johnny, qui avait pourtant expliqué auparavant que son fils ne vivait plus là, « raconte s'être retrouvé avec un revolver sur la tête, que la porte de la maison de sa mère a été fracturée... » relate l'avocat, qui a écrit au directeur de la police à ce sujet, et « attend toujours des réponses ».
Finalement, le tribunal les a tous deux condamnés à un an de prison ferme. Ils ont été incarcérés à l'issue de l'audience et devront, en outre, payer 1 200 € de dommages et intérêts aux plaignants.
Antoine Garnier
Presse-Océan