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Raymond Poirier et Jean-Marie Pasquereau, de l'association Moine et Sèvre pour l'avenir, souhaite la dépollution totale des 220 ha du site réaffirmant : « Il n'existe pas de dose de radioactivité inoffensive ». Depuis 2003, ces bâtiments et les onze hectares de terrains alentours appartiennent à la société herblinoise Défontaine. Mais pourraient bien rapidement revenir dans le giron d'Areva (ex-Cogema), exploitant de la mine de 1954 à 1991 et toujours propriétaire du reste du site. Soit les galeries souteraines, les carrières à ciel ouvert et les anciens bassins de décantation où sont aujourd'hui stockés 11,5 millions de tonnes de résidus radioactifs.
Parc éolienet photovoltaïque
La nouvelle émane de la Commission locale d'information et de suivi (Clis) réunie le 19 juin, pour la première fois depuis huit ans. Bernard Covez, chargé de la veille des sites Aréva de l'Ouest, la confirmait hier : « Nous travaillons effectivement au rachat de l'ancien site industriel aujourd'hui délabré et qui présente des problèmes de sécurité. »
Dans quel but ? « Notre état d'esprit est de redonner une vie au site en évitant les friches industrielles. » La création d'un parc d'énergies renouvelables est envisagée. « La zone présente un potentiel éolien et photovoltaïque, assure Bernard Covez. C'est une éventualité à étudier. »
Le projet hôtelier un temps envisagé est donc définitivement enterré. Fin 2007, il avait provoqué l'incompréhension de nombreux acteurs du dossier. Et abouti à de nouvelles analyses de la Commission de recherche et d'information indépendante sur la radioactivité (Criirad) épinglant la présence à l'Ecarpière, sur une zone officiellement réaménagée, « de déchets radioactifs qui, en fonction du temps d'exposition, pourraient induire des risques sanitaires non négligeables » (nos éditions du 11 décembre).
Ni « banalisation »ni « minimisation »
La Clis, qui se réunira désormais une fois par an, tient compte de ces nouveaux éléments. Elle réclame la prolongation du traitement des eaux de la mine avant leur rejet en Moine, une cartographie précise des mouvements de terrains afin de sécuriser les zones à risques et la poursuite de la surveillance de l'impact radiologique du site.
Le préfet tient également à ce que figure la mémoire industrielle de l'Ecarpière sur le plan local d'urbanisme de Gétigné. Une victoire pour l'association Moine et Sèvre pour l'avenir qui, depuis 1991, se bat contre la « banalisation » de l'ancienne activité et la « minimisation » de ses conséquences.
« On réclame toujours des analyses parfaitement indépendantes car tant qu'il y a débat sur les résultats, c'est que la dépollution du site n'est pas totale, préviennent ses membres. Nous resterons vigilants. Ce n'est pas l'idée de panneaux photovoltaïques qui nous endormira. »
Rémi Certain