Gens du voyage : migrations estivales à la loupe
Le terrain de grands passages de Trignac s'étale sur 15 hectares. « Il peut y avoir 400 caravanes au mois d'août. Déjà, d'ici à une semaine, on va se retrouver à 300 caravanes », prévient Paul Duvil, évangéliste. : DR
Pendant la période estivale, les gens du voyage se déplacent en nombre sur les zones littorales. Saint-Nazaire et la Presqu'île sont des terres de « missions ». Cet afflux de population passe par une organisation supervisée par les pouvoirs publics. Terrains de grands passages et aires d'accueil ont été aménagés dans ce sens. Ce qui n'empêche pas les installations sauvages. Tour d'horizon dans notre édition d'aujourd'hui et de demain.
La préfecture de Loire-Atlantique, en coordination avec les communes, choisit les localisations des terrains de grands passages. Dans la région nazairienne et la Presqu'île guérandaise, il y a Trignac (15 hectares) et Guérande (3,5 hectares pour une capacité maximum de 150-170 caravanes). Un dispositif, mis en place depuis deux ans, qui fonctionne en relation étroite avec les pasteurs regroupés au sein d'une association au niveau national.
130 caravanes non prévues à Guérande
« On leur demande longtemps à l'avance leurs dates de missions. Il y a des gens raisonnables et d'autres qui ne le sont pas. Par exemple, dimanche 13 juillet sur le terrain de grands passages de Guérande, des gens du voyage avec 130 caravanes ont forcé le passage en enlevant les buttes de terre ».
Christophe Priou, maire de Guérande, a décidé de porter plainte pour occupation illégale. « On a fait un terrain d'accueil de 15 à 20 caravanes comme la loi nous y oblige. Nous n'étions pas obligés de proposer un terrain pour les grands rassemblements mais nous avons été volontaires. Il était prévu d'en accueillir un en juillet qui s'est très bien passé et un en août. C'est ce qu'on a expliqué aux riverains en faisant de la pédagogie. Alors quand ils voient un rassemblement pas prévu arriver, ils ne comprennent pas ».
« Procédure d'évacuation forcée »
En cas problème, la sous-préfecture de Saint-Nazaire peut activer la « procédure d'évacuation forcée ». « C'est une procédure mise en place l'année dernière sous forme de loi. Dans la mesure où la commune qui accueille les gens du voyage dispose d'une aire d'accueil ou d'un terrain de grands passages, répondant au schéma départemental, le maire peut demander au sous-préfet l'expulsion des gens du voyage. Les gendarmes se déplacent, notifient la procédure d'évacuation aux intéressés. En général, ils partent le jour même ou dès le lendemain. Ces gens-là connaissent bien la loi. On reste ferme sur le dispositif mis en place. Mais si vous les poussez de là, ils se mettent ailleurs... »
Presse-Océan