Franck Louvrier, entre Sarkozy et les médias
Le Nantais Franck Louvrier, collaborateur de Nicolas Sarkozy, est conseiller à la présidence de la République pour la communication et la presse.
Le Président de la République est à Batz-sur-Mer demain. Son conseiller pour la presse est nantais.Il s'exprime sur les réalités et la philosophie de son action.
Vous êtes au coeur des relations passionnées entre le Président et les médias. Pas trop fatigué ?
Non, ça va. On apprend à récupérer dans les avions (sourire). C'est très lourd et en même temps une chance et une responsabilité formidables. La très large élection de Nicolas Sarkozy est la traduction d'une forte attente des Français. Nous sommes dans une obligation de résultat, sans quoi la déception sera à la hauteur des espérances. La fatigue n'est donc qu'accessoire...
Quel est le rôle de la communication pour atteindre ces objectifs politiques ?
Il faut à tout prix que les Français comprennent le sens de notre action, au quotidien comme à long terme. C'est assez compliqué car notre pays n'a jamais connu un tel mouvement de réformes sous la Ve République. Quand on change la carte judiciaire, hospitalière, ou encore militaire, on doit toujours replacer ces changements dans le contexte des enjeux nationaux. Les réformes doivent être comprises pour être acceptées.
Et comment « influencer » les médias ?
Notre rôle est avant tout d'être professionnel, clair et crédible dans les infos que nous donnons aux journalistes. Il n'est pas d'influencer. Le copinage avec tel ou tel commentateur ne sert à rien.
Les lecteurs, auditeurs, téléspectateurs et internautes sont adultes par rapport à l'information. Ils font la part des choses quand un commentaire est trop caricatural ou laudatif. Aujourd'hui, le sens critique est plus fort et les sources plus nombreuses.
Les relations tumultueuses entre Nicolas Sarkozy et les journalistes ne sont-elles pas de nature à « polluer » votre travail ?
Nicolas Sarkozy préfère dire les choses publiquement et non en coulisse, de manière hypocrite. Le nouveau processus de nomination du président de France Télévisions est un parfait exemple de cette volonté de transparence. Avant, le grand public ne savait absolument pas qui décidait. Là, au moins, c'est clair.
L'actionnaire, c'est-à-dire l'État, décide de la nomination en toute clarté. Et les parlementaires peuvent émettre un avis et un contrôle. C'est plus transparent et démocratique qu'auparavant.
Y-a-t-il une vie politique, des projets après celle de conseiller du Président ?
Pour l'instant, je suis totalement à son service. Je suis son plus ancien conseiller, cela fait onze ans que je travaille à ses côtés. Je n'ai pas choisi d'être un homme politique. Quand le jour viendra, je m'engagerai personnellement.
Si ce jour arrive, ce sera dans l'Ouest ?
Bien entendu.
Quel regard portez-vous sur la vie politique de l'Ouest, où la gauche est très largement majoritaire ?
Ces dernières années, la droite locale ne s'est pas armée pour défendre ses idées. Je ne cible personne en particulier, mais elle n'a notamment pas fait confiance à une nouvelle génération. Il faut qu'elle avance des idées neuves, démultiplie localement ce que fait Nicolas Sarkozy au niveau national.
Il y aura des opportunités à saisir, à commencer par les élections régionales. Le mandat régional est très intéressant, à la mesure des défis européens.
Recueilli par Jean-Marie BIETTE.
Ouest-France