FC Nantes. De faux airs de vacances
C'est sur la plage de Skhirat, au milieu des touristes, que les Canaris se sont entraînés, vendredi. Hier, ils étaient à Salé. : Photo Charles Guyard
Le temps est long au Maroc pour les Canaris. Fragilisé, le FC Nantes s'apprête à affronter ce soir les Tunisiens de l'ES Sahel. Ultime rendez-vous qui inspire toutes les craintes avant de rentrer au pays.
Au soleil, à la piscine et au sable fin, les Canaris opposent une image beaucoup moins idyllique de leur excursion marocaine.
Chaleur étouffante, organisation approximative et, surtout, bobos à répétition, voilà à quel régime est soumise la délégation nantaise. « C'est quand même folklorique. On est aussi bien à la Jonelière », résumait ainsi Frédéric Da Rocha, en écho aux propos de Michel Der Zakarian. Dans la douce nuit de Casablanca, au sortir du revers contre l'AS Far (1-0) jeudi, l'entraîneur esquissait alors un léger sourire. « Je suis bien content de rentrer lundi, confiait-il, soulagé d'écourter le séjour sur le sol africain. On vient de faire trois semaines de préparation de bon niveau. Si on était resté ici dix jours, ça ne l'aurait pas fait. »
Et le technicien de décrire le quotidien rocambolesque de sa troupe depuis son arrivée : « On doit faire deux heures de bus pour aller s'entraîner. Après, il fait très chaud, on se déshydrate. Au niveau physiologique, c'est traumatisant. »
« Ça flingue la préparation »
Nicolas Goussé, lui, était plus direct : « On ne va pas se voiler la face, ça flingue un peu la préparation. » De fait, bien que personne n'ira se plaindre des luxueuses conditions de logement au splendide Amphitrite Palace de Skhirat, établissement voisin de l'une des résidences royales de Sa Majesté Mohammed VI, les lieux invitent plus au farniente qu'au travail.
Illustration ce vendredi, après avoir batifolé dans le grand bassin à débordement de l'hôtel surplombant l'océan, les joueurs en ont été quitte pour un décrassage à 19h (20h en France)... sur la plage, au milieu des touristes ! « Pour moi, les vacances étaient en juin », soupirait un Jérôme Alonzo convalescent. A ses côtés, Ibrahim Tall, qui partage la même chambre, acquiesçait : « C'est vrai qu'au niveau de l'organisation, on pouvait espérer mieux sur certaines choses ».
« Ça soude un groupe »
Pour autant, le latéral droit se voulait optimiste : « Je pense que ce n'est pas plus mal de passer des moments comme ça, ensemble dans la galère. Ça soude un groupe. On est aussi venu là pour mieux se connaître. »
Toujours est-il qu'à moins de trois semaines d'aller affronter Auxerre en ouverture de la saison de Ligue 1, le retour sur les bords de l'Erdre dès mardi est particulièrement le bienvenu. Néanmoins, avant de lever le camp, il reste un dernier rendez-vous à honorer dans cette Marocco Summer Cup, ce soir, à 21 h 45, face à l'Etoile Sportive du Sahel pour tenter d'arracher une anecdotique 5e place au classement.
Un match pour lequel la Maison Jaune croise fermement les doigts.
Car si le résultat final importe peu, c'est bien l'infirmerie qui cristallise toute l'attention du staff, notamment après la blessure de l'ancien gardien du PSG contre les Far. « On va jouer en espérant ne pas avoir trop de pépins physiques », priait une dernière fois le coach.
« Inch Allah » (si Dieu le veut, N.D.L.R), comme on dit ici...
Charles Guyard (à Skhirat et Salé)
Presse-Océan