FC Nantes - Olivier Thomas : « Je serai encore là en septembre »
Olivier Thomas : « Ce que je reproche à Der Zakarian, c'est d'avoir mis en cause mon professionnalisme. » : Photo archives Pierre Minier/Ouest Médias
Le latéral droit du FCN entend honorer sa dernière année de contrat. Une perspective que n'envisage pas Michel Der Zakarian qui ne l'a pas retenu pour le stage à Albertville lui reprochant un « manque d'implication ».
Vous êtes à la Jonelière alors que vos coéquipiers sont partis à Albertville. Dans quel état d'esprit êtes-vous ?
« Ce n'est pas forcément le meilleur côté du métier mais j'ai toujours été professionnel. »
Étiez-vous préparé à cette situation ?
« Oui, Michel Der Zakarian m'avait expliqué qu'à cause d'un manque d'implication de ma part, que je réfute, il ne comptait plus sur moi. J'étais donc psychologiquement prêt. »
Quels ont été les mots de Michel Der Zakarian ?
« Sensiblement les mêmes que ceux de fin de saison. En gros, il m'a dit : « Vu ton manque d'implication, je ne souhaite plus travailler avec toi. » Au fond, c'est logique : il y a des entraîneurs qui veulent travailler avec des joueurs et pas avec d'autres. Ça fait partie du métier de footballeur. Certes, on peut me reprocher certaines choses, mais sûrement pas un manque de professionnalisme ! Quand j'ai été amené à jouer en CFA, je l'ai fait très sérieusement ! Maintenant, ce sont ses arguments et ses décisions. Je les respecte. Mais je continue à m'entraîner et je prépare demain. Je serai encore là en septembre. »
Vous le pensez vraiment ?
« Oui. D'abord, il y a le bien-être de ma famille. Ensuite, j'attends de voir ce qui va se passer à la tête de l'équipe première. J'attendrai que mon heure arrive. »
Ne vaut-il pas mieux aller ailleurs pour jouer plutôt que rester ici dans le flou ?
« J'ai déjà refusé quelques opportunités en France. En fait, je me dis que, peut-être, le futur coach trouvera, lui, que je suis professionnel. »
Vous imaginez donc Der Zakarian partir ?
« Je ne sais pas... Dans le football, ça va vite. Un jour, on a besoin de vous, un autre, non. On verra ce qui se passera demain. »
En recrutant Ibrahim Tall, le FCN a montré qu'il ne comptait plus vraiment sur vous ?
« C'est la donne avec Michel Der Zakarian. Maintenant, le club n'est pas venu me voir pour me proposer un arrangement à l'amiable. Dans ces conditions, je fais mon travail. Peut-être que, plus tard, on aura besoin de moi. »
En fait, vous restez ouvert à la discussion...
« Oui, pourquoi pas ? Maintenant, je n'ai pas forcément envie de partir. Cela dit, si le club veut absolument que je m'en aille et me propose une solution à l'amiable, comme dans tout licenciement, j'envisagerai la chose. »
Seriez-vous prêt à aller au bras de fer ?
« Je ne suis pas un joueur qui fait des histoires, comme je l'ai démontré quand j'ai dû aller jouer avec l'équipe réserve. Ce n'est pas mon style. »
En voulez-vous à Der Zakarian ?
« Ce que je lui reproche, c'est d'avoir mis en cause mon professionnalisme. C'est difficile à digérer. Maintenant, était-il à cours d'arguments ou manquait-il de vocabulaire, je ne sais pas ? Il peut me dire plein de choses, que je ne suis pas assez offensif, que sais-je ? Mais de manquer de professionnalisme, non ! On ne peut pas manquer d'implication et faire plus de 30 matches dans la saison ! »
Au moins, là, vous savez à quoi vous en tenir...
« En effet ! Michel Der Zakarian ne veut plus travailler avec moi. Mais moi, je ne tenais pas non plus particulièrement à travailler avec lui. À partir de là, tout le monde est content ! On verra demain avec qui je travaillerai. »
Recueilli par Charles Guyard
Presse-Océan