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Dernière répétition hier avant la grande représentation. Au total, 37 enfants seront sur la scène de la maison de quartier d'Avalix. : Photo NDChanger le regard
Le spectacle, on l'aura aisément compris, tourne donc autour du langage ; celui des signes et le langage oral. « On s'est basé sur la vision qu'on avait des sourds et des malentendants dans les années 60 », explique Patrice Quélard, enseignant en CM2 et directeur de l'établissement. « Comme ils ne pouvaient pas parler, ils étaient souvent considérés comme les idiots du village ».
Le scénario permet donc de mettre en scène les difficultés d'isolement rencontrées par les sourds et muets, en essayant de « changer le regard des autres sur le handicap ».
Vraie prise de conscience
Sur ce point, les élèves entendants de l'école Jean-Jaurès ont pris quelques longueurs d'avance grâce à la présence des Clis dans l'établissement. La préparation du spectacle n'a fait qu'accentuer cette coopération naturelle : « Le pari est gagné », souligne Vincent Lodenos, qui s'occupe de l'une des deux Clis (six élèves chacun). « On a constaté une grande maturité des enfants face au handicap. Une vraie prise de conscience et une solidarité naturelle ».
Si les ateliers ont commencé séparément, les enfants ont dû ensuite apprendre à travailler ensemble, répéter ensemble : « Il y a une pratique assez spontanée du langage des signes dans l'école », ajoute Patrice Quélard.
Au festival Handiclap
Tout le monde s'est donc mobilisé pour l'écriture du scénario, mettre au point la mise en scène ou les chorégraphies. Un défi présenté en public à plusieurs reprises, notamment lors du dernier festival Handiclap. Il le sera de nouveau et pour la dernière fois, ce mercredi. Avec la même volonté. Celle de faire passer le message qu'être sourd et muet, « c'est aussi être capable d'exprimer ses sentiments ». Même sans voix.
Nicolas Dahéron
Aujourd'hui à 17 h, maison de quartier d'Avalix. Durée : 45 minutes.