Attribution des HLM : ce qui pourrait changer
169 000 personnes vivent en HLM actuellement en Loire-Atlantique. Photo : Arnaud Jaffré
Le gouvernement envisage de modifier les conditions d'accès et d'occupation des HLM. Éclairage en Loire-Atlantique, où 32 264 personnes sont en attente d'un logement social.
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Les règles pour l'attribution d'un logement social devraient bientôt changer. L'objectif est simple : réattribuer les HLM aux foyers les plus modestes. Mais il pourrait exclure du dispositif de nombreux ménages, pas forcément aisés. Enquête en Loire-Atlantique, où 67 770 logements HLM accueillent 169 000 locataires.
Nouveaux plafonds
En choisissant d'abaisser de 10 % les plafonds de ressources ouvrant droit à l'attribution d'un logement social, le gouvernement entend réduire les piles d'attente. Actuellement, 70 % de la population peut y prétendre. Après la réforme, le taux passera à 60 %. À titre d'exemple, les revenus mensuels d'un couple avec deux enfants à charge ne devront pas excéder 2 977 € par mois au lieu de 3 308 actuellement.
Mixité sociale mise à mal ?
« Ce n'est pas de cette manière qu'on va régler la crise du logement en France », regrette le conseiller général (PS) Alain Robert, également 3e adjoint de la Ville de Nantes en charge de l'urbanisme et du logement. « Au lieu de mener une politique ambitieuse pour répondre aux besoins, le gouvernement préfère fermer la porte à certains publics, au risque de mettre à mal la mixité sociale ».
Zones urbaines spéciales exclues
Jean-Baptiste Combrisson, le directeur de l'OPAC 44, l'un des principaux bailleurs publics du département avec un parc de 7 100 logements, estime toutefois que l'abaissement des plafonds des ressources ne changera pas radicalement la donne.
« Chez nous, la commission d'attribution accorde la priorité aux personnes qui en ont le plus besoin. Cette mesure ne changera rien de ce côté-là ».
Mais il ne cache pas son inquiétude, d'autant plus que les zones urbaines spéciales (ZUS) seraient exclues de ces dispositions. « Il ne faudrait pas que cette étape soit la première d'un processus plus long, visant à faire du logement HLM un véritable parking à pauvres ».
Surloyers à la hausse
Le surloyer est imposé à un locataire dont les revenus dépassent d'au moins 20 % le plafond initial. Un nouveau barème est en cours d'élaboration. Les surloyers vont être revus à la hausse mais on ignore encore dans quelles proportions. « En Loire-Atlantique, très peu de gens sont concernés », assure néanmoins Jean-Baptiste Combrisson.
APL : le dispositif scruté
Le gouvernement évalue le dispositif actuel des aides personnalisées au logement (APL), versées par les caisses d'allocations familiales, sans écarter l'idée d'une remise à plat. Cette prestation est généralement déduite du loyer. Selon un conseiller de Christine Boutin, la ministre du Logement, cité par le quotidien Aujourd'hui en France, il s'agit « de voir où les APL sont réellement utiles et où elles sont moins justifiables ». Mais rien n'est fait souligne-t-il.
Denis Bourdeau
Presse-Océan