Ariette va préparer son bac au « lycée du soir »
Ariette est « prête à se replonger dans les bouquins ». : Photo Bertrand Béchard
Elle a quitté l'école à 17 ans. En septembre, à 21 ans, elle reprendra ses études grâce à une formule originale.
Ariette a deux grands regrets. Celui d'avoir dû renoncer au tennis. « Le sport, c'était mon truc. Je voulais rentrer en sports études mais... ».
Une vilaine blessure à un genou en a décidé autrement: « J'ai dû tout arrêter ». Et celui d'avoir interrompu ses études trop tôt, trop vite, après son BEP services aux personnes, option tourisme. Un diplôme décroché l'année de ses 17 ans, un peu à la surprise de ses profs machecoulais. « Ils ne pensaient pas que je l'aurais, ils ne m'avaient pas inscrite en bac pro. Après, il n'y avait plus de place. J'aurai bien aimé continuer pourtant... »
Mais Ariette ne veut pas avoir de remords. En septembre prochain, elle reprendra ses études et se lancera au lycée Saint-Félix, à Nantes, dans un bac pro STG (Sciences et technologies de la gestion). Deux années d'études concentrées en quelques mois pour pouvoir assimiler le programme et, dans un peu plus d'un an, se présenter à l'examen.
Programme intensif
« J'aurai 37 heures de cours par semaine, de 13 h à 21 h. C'est intensif ! » remarque la jeune fille, mais « ça me plaît. Je suis prête à me replonger dans les bouquins. Déjà, enfant, j'aimais bien l'école. J'avais des difficultés, en maths et en français notamment, mais j'étais motivée. Cela m'intéressait d'apprendre, sur tous les sujets, dans toutes les matières. Seulement, restituer les connaissances sur le papier, dans un cadre scolaire, c'était plus difficile ».
«Les p'tits boulots, ça va un temps»
Des années plus tard, Ariette est toujours motivée. Peut-être même plus encore. « Les p'tits boulots, ça va bien un temps mais pas toute la vie... ». Depuis l'obtention de son BEP, elle n'a trouvé que des contrats de femme de chambre ou plongeuse en cuisine. « J'ai notamment fait une saison d'hiver à l'Alpe d'Huez et j'ai passé 9 mois en Angleterre, dans le Kent, à faire la plonge dans un restaurant. Une expérience très enrichissante. Depuis, je ne me débrouille pas trop mal en anglais, même si, en cuisine, on était que des Français ».
«Le but, c'est de continuer après»
Mais d'outre Manche, Ariette a ramené une idée, une envie, une décision: reprendre ses études, à 21 ans. « J'y pensais depuis un moment. La mission locale de Pornic m'a proposé une réorientation de projet, une formation en 5 mois qui vient de s'achever. Et tout le monde est d'accord pour que je passe mon bac ». Une étape, pas une fin en soi d'ailleurs. « Le but, si ça marche bien, c'est de continuer en BTS, dans le tourisme, ou de faire une formation plus courte de réceptionniste ». Mais avant d'en arriver là, Ariette doit quitter la maison familiale de Pornic dans pour un appartement à Nantes. Et trouver un petit travail d'appoint. Parce que les études, « c'est pas tout : il faut bien un peu d'argent pour vivre... ».
Pierre-Marie Hériaud
Presse-Océan