Aker yards investit dans un nouveau portique
Les chantiers navals annoncent la construction d'un nouveau portique. Mais les inquiétudesface à l'arrivée des Coréens ne sont pas encore dissipées.
>> Forum : Chantiers navals : faut-il s’inquiéter de l’arrivée des Coréens ?
Guy Sallenave, ancien directeur des Chantiers.« La position prévisible adoptée par la Commission européenne face à la prise de participation de STX dans Aker yards permet à ceux qui confondent aveuglement et optimisme, quand ce n'est pas opportunisme, de prendre conscience que réalisme ne signifie pas déclinisme. En revanche, on ne peut que se désoler de la naïveté de ceux qui regrettent que, malgré son impécuniosité, l'État n'ait pas racheté Aker yards France. Par quel stratagème ceux qui l'ont accusé d'abus de pouvoir pour avoir poussé la Caisse des dépôts et consignations à intervenir chez EADS, pensent-ils pouvoir expliquer qu'il serait fondé à le faire aujourd'hui au profit des Chantiers ? Les Pouvoirs publics devraient faire jouer la clause de sauvegarde concernant les activités stratégiques. Mais il s'agit d'une entreprise dont la clientèle nationale est marginale et d'une nation dotée d'une construction militaire puissante.
C'est bien STX qui va prendre la barre d'Aker yards. La situation est irréversible. Pour qu'il en aille autrement, il faudrait, hypothèse bien improbable, que la nuée d'actionnaires se partageant les 60 % non acquis par STX se coalisent pour faire barrage aux Coréens. »
Rémy Guyon, pour la nationalisation.Pour le candidat du Parti des travailleurs aux dernières élections municipales, « STX Shipbuilding vient d'obtenir de la Commission européenne l'autorisation de « prendre le contrôle » d'Aker yards. Cette décision a entraîné « une flambée du titre à Oslo ! » La société Aker Yards avait déjà fait de juteuses plus-values lors de la vente de 39,2 % des titres à STX. Ce n'est pas parce qu'Alstom conserve quelques parts que cela empêchera le Coréen STX de s'emparer du savoir-faire des Chantiers.
« Comme les précédents gouvernements, le gouvernement Sarkozy se soumet aux diktats de la Commission Européenne. Le député européen Vaugrenard et le PS ont réclamé « la construction d'un groupe européen » par l'Union européenne. Ils ont reçu un camouflet cinglant de la Commission de Bruxelles. C'est pour la même raison que le gouvernement refuse de nationaliser la Navale ou même seulement d'entrer majoritairement dans le capital d'Aker yards : au nom des traités européens, Bruxelles l'interdit ! La vocation de l'Union européenne n'est pas de défendre nos industries mais au contraire de les livrer à la spéculation. Ne pas dire la réalité aux travailleurs, c'est les tromper. Pour sauver les milliers d'emplois en jeu, il faudra avoir le courage politique de rompre avec les traités européens qui interdisent la nationalisation ou les aides des Etats. »
Ouest-France