« Si cela peut faire réfléchir les gens... »
À l'entrée de Pornic, des photos et une couronne de fleurs en forme de coeur rappellent la tragédie qui a coûté la vie à Dominique et sa fille Angélique. : Arnaud Jaffré
C'était le 23 août 2006, sur la route de Nantes à Pornic, au lieu-dit La Hunière, dans la longue ligne droite qui précède l'arrivée sur la station balnéaire. Vers 12 h 30, au volant de sa voiture, Dominique Fortin se rend sur la côte avec ses deux jumelles de 13 ans. Soudain, survenant en sens inverse, un camion toupie chargé de béton freine brutalement et, déséquilibré, écrase la voiture de la jeune femme. Dominique est tuée sur le coup. Elle avait 41 ans. L'une des fillettes, Angélique, décède des suites de ses blessures dans la soirée.
« Le souvenir, il est partout »
Presque deux ans après, sur les lieux de l'accident, les photos des victimes, toujours ornées de fleurs, rappellent la tragédie survenue en une seconde. Paulette, la maman de Dominique et la grand-mère d'Angélique, ne les a jamais vues. « Je ne suis jamais allée sur les lieux du drame. Je n'y tenais pas. Mais je sais que mes autres enfants y vont régulièrement, qu'ils déposent des fleurs » explique-t-elle. Une démarche destinée à entretenir le souvenir ? « Non. Le souvenir, il est dans mon coeur, dans les photos sur le buffet ou sur la table de nuit. Le souvenir, il est partout. Mais si cela peut faire réfléchir les gens... ».
« Les gens passent si vite »
Pourtant, avec le recul, Paulette en doute parfois : « Lorsque c'est arrivé, j'étais prête à faire n'importe quoi, à me mettre au bord de la route avec une pancarte pour interpeller les conducteurs. Mais aujourd'hui, je m'interroge. Est-ce que cela sert à quelque chose ? Les gens passent si vite. Ils jettent un oeil, rapidement, et ils filent à toute vitesse ».
Comme pour fuir le plus rapidement et le plus loin possible du malheur.
Pierre-Marie Hériaud
Presse-Océan