« Dobriye dien ! » aux danseurs ukrainiens
Irina, Marina et Raissa. Ce projet franco-ukrainien est une affaire de famille.
« Bonjour ! » Les enfants du stage de comédie musicale de la Ville accueillent, pour une semaine, la troupe de danse ukrainienne de l'Azov.
Dans la famille Gorbatcheva, on a la fille : Marina Léger, animatrice à l'Office municipal de la jeunesse (OMJ). La mère : Irina Leger-Gorbatcheva, professeur de danse à Orléans. Et la grand-mère, Raissa Gorbatcheva, médaillée du Mérite ukrainien pour ses qualités de chorégraphe.
Les trois femmes se sont retrouvées à la salle polyvalente de l'Immaculée, à Saint-Nazaire. Marina était en compagnie de 42 enfants des centres de loisirs de la Ville, et n'a presque pas eu une seconde à elle pour écraser une larme. Irina et Raissa, elles, accompagnaient pour la troisième année consécutive les jeunes danseurs de la compagnie « Les Mouettes de l'Azov ». Ces 33 danseurs, âgés de dix à trente ans, sont venus passer une semaine avec les petits Nazairiens. C'est l'occasion d'élaborer ensemble une comédie musicale sur le thème des villes portuaires, de Saint-Nazaire à Mariopol.
Disco contre french cancan
Les Ukrainiens ont quatre jours de voyage en bus dans les jambes. Mais rien de tel pour se les dégourdir que d'esquisser une chorégraphie. Cela permet aussi de dire bonjour quand on ne parle pas la même langue. « Cela fait trois ans qu'ils viennent à Saint-Nazaire, explique Marina. Il n'y a pas de barrière du langage quand on danse. »
Les années précédentes, les Ukrainiens venaient se produire dans la région. « Cette année, il n'a pas été possible de trouver de salle. C'est un peu dommage. Mais ce nouveau projet avec l'OMJ, c'est l'occasion de construire des liens forts. » « Tu oublies qu'ils viennent depuis quinze ans à Orléans », corrige sa maman, Irina, qui préside une association nommée Amitié et danse.
C'est au tour des enfants de Saint-Nazaire de se lancer dans un french cancan. Eux ne sont pas des professionnels, ils sont plus jeunes... Et pas encore très bien entraînés. « Dis-leur bien qu'on ne répète que depuis aujourd'hui », lance, un peu inquiète, la responsable, Magali Guiochet, à Irina. Bon, c'est encore un peu maladroit. « Mais au bout de la semaine, on dansera aussi bien qu'eux », fanfaronne la petite Enola !
Clara TOMASINI.
Ouest-France