Édition du lundi 30 avril 2007
« Une seule réunion, depuis rien ! »
« Il reste quelques locataires dans les derniers étages. Ils ont du mal à partir : ils ont une vue imprenable sur la Brière et sur la mer ! » Michel Mylonas, pharmacien à la Bouletterie depuis 28 ans garde son sens de l'humour. Pourtant il est agacé. « Pas par le projet de rénovation urbaine. C'est une bonne chose. Mais par la lenteur administrative. Moi je suis propriétaire des murs et du fond. Je n'ai rien demandé. Je suis prié d'aller m'installer en face, au milieu d'une dizaine de commerces. On m'a demandé de quoi j'avais besoin. Quelles étaient mes contraintes. Mais combien on va me racheter les murs ici ? Combien je vais devoir investir de l'autre côté de la rue ? Je n'en sais rien aujourd'hui. Et la modernisation dans laquelle j'ai investi il y a trois ans, je vais en tirer quoi ? Pas grand-chose sûrement. » Pour autant Michel Mylonas reste convaincu du bien fondé de l'opération. « Ce sera bien, mais en attendant quelle inertie ! On a appris l'existence de cette opération par la presse au printemps dernier. Depuis on a été convoqué à une réunion. Depuis rien. Il parait qu'on sera dans les nouvelles constructions en 2010. En attendant, les immeubles se vident et la fréquentation chute. Mon chiffre a baissé de 5 à 7 % par rapport à l'année précédente. Et encore, je m'en tire bien : avec les médecins référents, les familles qui ont déménagé reviennent volontiers dans le quartier pour se faire soigner. » Autre point prometteur pour l'avenir de l'officine : l'augmentation du nombre d'habitants, et surtout une composition sociale plus variée : « Le montant du panier moyen par client devrait monter, » prévoit le pharmacien.
Ouest-France